Un déficit de 22,4 millions pendait au nez de la Ville

Ce vendredi matin, le Conseil communal chaux-de-fonnier a présenté les mesures d'économies qui feront passer le déficit du budget 2015 de 22,4 millions à 11,3 millions. Des investissements importants sont reportés ou carrément abandonnés.

24 avr. 2015, 18:03
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La Chaux-de-Fonds avait eu sa période noire entre 2004 et 2006, et pensait en être sortie et avait vu grand, se projetant, confiante, dans un avenir radieux.

Dans cet élan, plusieurs gros projets et investissements ont fait l'objet de demandes de crédits approuvées au Conseil général. Et patatras, aujourd'hui, au vu d'un déficit qui aurait été de 22,4 millions (dans lesquels il faut compter 10 millions de recettes fiscales perdues entre 2012 et 2015) dans le cadre du budget 2015 sans prise de décisions économiques musclées, il faut faire marche arrière. Une urgence, quand on a une fortune de 16,5 millions!

En réétudiant les chiffres et en traquant des solutions, la Ville et ses cadres en sont arrivés à la conclusion, entre autres, de renoncer par exemple à la passerelle de la gare, à l'aménagement du Paddock, au chemin de mobilité douce dans la zone industrielle du Crêt-du-Locle, au remplacement du Pont du Manège, à la 2e étape de l'adduction d'eau, aux rénovations d'immeubles, au terrain synthétique des Foulets, aux sacs gratuits pour couches-culottes pour les parents d'enfants de 0 à 3 ans, aux chantiers Viteos/TP de la rue des Crêtets, de la rue des Bassets, et partiellement de la rue de la Promenade. Reportés et redimensionnés seront: le centre aquatique des Mélèzes et le Zoo-Musée. Comment? "Trop tôt pour le dire!", a fait savoir la Ville.

L'abandon ou le report des projets concernés ci-dessus et d'autres encore permettront d'économiser quelque 10 millions et de réduire le déficit 2015 de 22,4 millions à 11,3 millions.

Par contre, ces mesures d'économie ne prennent en compte aucune des mesures d'économies sur les salaires envisagées, actuellement en discussion avec le personnel et les syndicats. 

En début de conférence de presse ce matin, Théo Huguenin-Elie, le conseiller communal, responsable des finances suppléant depuis la démission de Pierre-André Monnard, a bien spécifié que le fondement de cette situation difficile ne vient pas des erreurs commises dans l'élaboration des budgets, mais d'un problème de recettes fiscales. "Mais ces erreurs ont formé une sorte de brouillard qui ont empêché de voir arriver le problème."

La présidente de la Ville Nathalie Schallenberger a parlé d'une "opération de survie qui doit absolument être réussie avec l'ensemble de tous les protagonistes". 

Au passage, elle a cité Winston Churchill. "Un politicien est celui qui est capable de prédire l'avenir et qui par la suite, est également capable d'expliquer pourquoi les choses ne se sont pas passées, comme il l'avait prévu."

Comment on en arrive à 22,4 millions de déficit:

Le premier budget 2015 prévoyait de manière erronée des recettes fiscales à hauteur de 133,6 millions de francs. Aujourd'hui, les prévisions fiscales "prudemment optimistes du Service des finances, validées par le Conseil communal et présentées à la Commission financière" s'élèvent à 116,3 millions. Le différentiel est donc de 17,3 millions. En outre, le budget 2015 accusait un déficit de 2 millions. 

A cela, il faut ajouter l'augmentation des charges d'intérêts de 1,3 million d'un emprunt que la Ville avait contracté dans sa période noire de 2004-2006. Hausse liée à la fin du taux plancher de l'euro. 

La situation est encore péjorée de 0,5 million à cause de l'ajustement des amortissements en lien avec les 34,2 millions d'investissements en 2014. Et elle l'est en plus aussi, à hauteur de 1,3 million, à cause de la moins-value enregistrée pour les immeubles de la rue du Commerce, rendue nécessaire par la perspective de la vente.

En ajoutant les différentes sommes ainsi évoquées, on totalise en effet un déficit de 22,4 millions.

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