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Thriller paranormal tué par un esprit sérieux

Echaudé par l'insuccès de son avant-dernier film, M. Night Shyamalan en revient à une formule plus standard. Emaillé de scènes stupéfiantes dans sa première moitié, «Phénomènes» finit par succomber à l'esprit de sérieux dont procède hélas parfois son auteur. Très représentative de la difficulté à pratiquer un cinéma personnel au sein du système hollywoodien, la carrière cinématographique de M. Night Shyamalan est une succession de hauts et de bas, ce qui la rend d'autant plus intéressante! Allégorie terrassante de la paranoïa post-11 septembre, «Le village» (2004) atteint des sommets d'intelligence. Coulé par le désir trop impérieux d'en finir avec les diktats d'Hollywood, «La jeune fille de l'eau» (2006) est une baudruche fascinante de prétention montrant que la posture du génie incompris ne sied guère à l'auteur surdoué de «Sixième sens».

18 juin 2008, 12:00

Au premier abord, Night Shyamalan semble avoir tiré les enseignements de l'échec cuisant de son conte aquatique antiestablishment. Désireux de renouer avec les faveurs du grand public, ce jeune cinéaste d'origine indienne pare «Phénomènes» des atours d'un thriller apocalyptique bien dans l'air du temps? D'un instant à l'autre, la foule qui déambule dans Central Park procède à un suicide collectif qui ne laisse pas d'impressionner. Contagieux, le phénomène ne tarde pas à prendre une ampleur nationale. L'épidémie semble bientôt impossible à enrayer? Night Shyamalan restitue la propagation de cette épidémie d'un genre inédit avec une sécheresse étincelante, un art de l'ellipse et du raccourci étourdissant qui ont tôt fait de nous réconcilier avec l'auteur d'«Incassable».

Sous la houlette du professeur Elliot Moore (Mark Wahlberg), un groupe de survivants, qui s'amenuise au fil du récit, fuit la ville et se réfugie dans la nature paisible, pour y trouver refuge. Erreur funeste comme on le verra? Après avoir laissé le spectateur se perdre en conjectures sur l'origine de la catastrophe (un nouvel avatar du terrorisme? une manipulation psychogénétique malheureuse?), le réalisateur nous donne un peu trop vite la solution.

Partant, il délaisse le thriller paranormal pour asséner des vérités pesantes et doctorales sur l'humanité coupable, au risque de plomber complètement son septième long métrage, ce qui finit par se produire. / VAD

Neuchâtel, Bio; La Chaux-de-Fonds, Eden
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