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Thierry Béguin rêve de réconcilier les Neuchâtelois avec leur culture

Président de l'Institut neuchâtelois, Thierry Béguin appelle au rassemblement de tous les Neuchâtelois, qui doivent être fiers de leurs talents artistiques et culturels. Au-delà des clivages politiques et des barrières géographiques. «Cessons de nous quereller et faisons valoir intelligemment nos atouts». Cet appel au rassemblement des Neuchâtelois de bonne volonté, c'est Thierry Béguin qui le lance. Non plus en tant qu'élu politique (il a quitté le Conseil d'Etat il y a deux ans), mais en sa qualité toute neuve de président de l'Institut neuchâtelois (lire ci-dessous). «Sous l'impulsion de mon prédécesseur, Jean-Pierre Jelmini, l'Institut a cherché à acquérir une visibilité plus grande et à sortir du cercle académique. J'entends poursuivre sur cette voie de l'ouverture à la culture et au patrimoine propre à tous les Neuchâtelois.»

01 mai 2007, 12:00

Thierry Béguin voit dans cette manière d'agir un but politique «au sens noble»: la réduction de la «fracture géographique qui s'est accentuée ces dernières années». Il dit vouloir, grâce à la culture, «s'opposer aux pesanteurs naturelles»: «C'est une question d'état d'esprit: il faut que les gens se rencontrent et veulent bien laisser leurs préjugés au vestiaire. Rappelons-nous que nous sommes un canton et soyons-en fiers, en Haut comme en Bas.»

A gauche comme à droite, également. Car l'Institut, juge son nouveau président, est «au-delà des clivages politiques». «Ce petit coin de pays a un potentiel d'intelligence et de talent souvent reconnu au-delà de ses frontières. Mettons-les en avant», encourage-t-il, balayant du même coup ce «côté un peu calviniste» propre aux Neuchâtelois.

Actuellement, le seul événement susceptible de réunir un aréopage digne de ce nom (l'Institut compte près de 500 membres), c'est la remise du prix, dans le courant du mois de mars. Rendre l'association plus visible reviendrait déjà à augmenter ce type de rendez-vous. «Je vais voir si mon comité entre en matière. Pour moi, il ne s'agit nullement de créer une nouvelle concurrence culturelle ou de réinventer la roue, mais bien de collaborer avec d'autres institutions pour organiser, par exemple, des débats ou des tables rondes.»

En attendant, Thierry Béguin insiste: c'est quand la société va un peu mal qu'il faut investir en matière culturelle. Car c'est ce qui permet de redonner confiance et de fortifier une bonne image de soi. Les fondateurs de l'Institut neuchâtelois l'avaient déjà compris, eux qui l'ont fondé en 1938, «dans une époque pleine de menaces». Pour autant, il porte un regard positif sur la culture neuchâteloise, qu'il qualifie de «très riche». Et parfois originale: l'an dernier, il a enfilé la robe du procureur dans le «procès L'Eplattenier». «Une descente dans un moment crucial de l'histoire de La Chaux-de-Fonds, avec la montée du mouvement syndical et l'arrivée des socialistes au pouvoir. Et, en même temps, cette effervescence était liée à l'Europe entière. Jaurès, Lénine, Bakounine ont passé dans la région. Et puis au personnage de L'Eplattenier est lié celui de ce Jeanneret-Gris apprenti graveur, devenu Le Corbusier.»

Et déjà cette question: quel soutien pour quelle culture? / SDX

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