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Surchargés, les psychomotriciens dénoncent la passivité de l'Etat

Des thérapeutes surchargés, des listes d'attente qui obligent certains enfants à patienter une année avant d'être pris en charge, une participation financière des familles qui ne cesse d'augmenter: les psychomotriciens neuchâtelois dénoncent une situation inacceptable. Et lancent une pétition pour faire réagir l'Etat. Xavier*, 8 ans, éprouve une certaine maladresse dans le dessin, l'écriture ou encore les jeux de balles. Des difficultés qui s'accompagnent d'un manque de confiance en lui, d'un mal-être, et qui, si elles ne sont pas traitées, pourraient générer des troubles de l'apprentissage et une baisse de confiance plus importants.

03 juin 2008, 12:00

Dans le canton, une centaine d'enfants sont traités pour de tels problèmes psychomoteurs. Et entre 25 et 30 attendent régulièrement d'être soignés.

La tension est telle que la sous-section neuchâteloise de l'Association suisse des thérapeutes de la psychomotricité (ASTP) vient de lancer une pétition. Elle exige de l'Etat un accès aux soins pour tous les enfants qui en ont besoin.

«Les six lieux de consultation du canton sont débordés. Par conséquent, l'attente pour une prise en charge peut atteindre, voire dépasser une année», témoigne la psychomotricienne Aline Prince, présidente de la sous-section neuchâteloise de l'ASTP.

Actuellement, l'Etat met à disposition 7,8 postes pour les consultations en ambulatoire et les institutions, et un poste pour tous les hôpitaux neuchâtelois. Par ailleurs, 1,4 poste en privé complète l'offre cantonale. «Notre canton est clairement sous-doté en personnel. Et cela depuis des années. Mais ça n'a pas l'air d'inquiéter le gouvernement», constate la sous-section neuchâteloise.

Un problème «amplifié» par le fait que les six lieux de consultations sont implantés «sans logique aucune» dans le canton. «Le district de Boudry n'a aucun cabinet. C'est Neuchâtel qui éponge l'absence de postes sur ce territoire.»

Aline Prince déplore une «absence de réflexion» des politiques sur ce sujet. «Les cantons qui ont réfléchi à une offre régionale ont établi des quotas d'un poste pour 1500 à 3000 jeunes de 0 à 18 ans. A Neuchâtel, la moyenne avoisine un thérapeute pour 5000 jeunes!»

Autre grief: la participation financière des parents ne cesse d'augmenter. «Elle est plus de quatre fois plus élevée qu'il y a six ans, et s'élève à 28 francs par séance. La hausse est telle que des familles renoncent à consulter», regrette Aline Prince. «Comparé à Fribourg, Vaud, Jura et bien d'autres cantons où les consultations sont gratuites, ce n'est pas défendable.»

Les pétitionnaires demandent donc au Conseil d'Etat la gratuité de la prise en charge, une planification «à la hausse» de l'offre en psychomotricité, et «une vraie réflexion des politiques» sur la profession. «Parce que nous avons l'impression d'être laissés de côté», confie Aline Prince.

Elle précise que «si l'on traite vite un trouble psychomoteur, ce sont des problèmes qu'on ne traitera pas plus tard, tels que des pathologies plus lourdes, des recours au milieu institutionnel. On peut ainsi prévenir bien d'autres difficultés qui coûtent cher. Mais la question est: veut-on se donner les moyens de le faire?»

La pétition sera présentée au public neuchâtelois le 14 juin à Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, dans les stands qui seront tenus à l'occasion de la Journée romande de la psychomotricité. / VGI

*Prénom d?emprunt
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