Sur la Côte, les mollets se ramollissent

11 avr. 2008, 12:00

Il y a onze ans, ils suaient sur un sentier de grande randonnée en Corse, aiguillonnés par un guide à l'âme de boy-scout. Philippe Harel, qui signait avec «Les randonneurs» un piquant portrait de groupe, reconvoque tout son petit monde pour de nouvelles vacances. Hélas, ce film-ci progresse sans crampes dans les mollets, mais avec du plomb dans les semelles.

Destination: Sainte-Maxime. De quoi remettre un peu de soleil dans l'âme et le c?ur de ces désormais quadragénaires? Rien de bien rutilant en effet dans le quotidien de Louis (Philippe Harel) et Mathieu (Vincent Elbaz), les frangins qui tiennent ensemble un copy shop. Mal mariée à un Breton, Cora (Karin Viard) se heurte à l'hostilité de sa belle-fille, quand Nadine (Géraldine Pailhas) avale les couleuvres que la plupart des hommes mariés font avaler à leur maîtresse.

Avec un store qui d'emblée péclote dans l'appartement loué, le séjour promet d'être aussi roboratif que les 49 autres semaines de l'année truffées d'emmerdes. Miracle: à l'entrée d'une boîte à la mode, Mathieu tombe sur Eric (Benoît Poelvoorde), l'ex-guide relooké en jet-setteur un rien magouilleur. Jouant des coudes dans la foule et rongeant son frein dans les embouteillages, le quatuor a découvert le Saint-Tropez du simple quidam. Le voici propulsé du côté des paillettes. Yacht de milliardaire et champagne coulant à flots. Rien de bien nouveau sous le soleil de la Côte d'Azur, sinon de légers effluves mafieux vaporisés avec parcimonie. Harel dézingue les paradis bling-bling sans décoller des clichés, mais il arrive que l'on s'en amuse.

Reste que la torpeur nous gagne au fil de ces déambulations mollassonnes, de ce scénario poussif où Louis le chieur méticuleux trouve toujours matière à jouer les trouble-fête, et Mathieu le dragueur à s'éclater. Valorisée aux dépens d'une Nadine mise sous le boisseau (Pailhas a vraiment de quoi faire la gueule), Cora se sent une vocation de vamp, mais n'est pas Ivana Trump qui veut. Vacances ternies et terne retour à la routine, rien ni personne n'en sort grandi. On peut aimer Harel pour cette radicalité.

Neuchâtel, Apollo 1; La Chaux-de-Fonds, Plaza; 1h46