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Quand tombent les masques, les mariés ne sont plus à la noce

27 nov. 2008, 09:57

Les mariés et leurs convives, réunis pour le repas de noces. Neuf personnages pour un huis clos plus proche du jeu de massacre que de la fête. Déjà sur scène, en mars, avec Jean-Quentin Châtelain pour les «Dialogues d'exilés», Valentin Rossier poursuit son «exploration» brechtienne avec «La noce chez les petits-bourgeois», écrite à l'aube des années 1920. La tournée de l'Helvetic Shakespeare Company s'arrête samedi à L'Heure bleue, à La Chaux-de-Fonds.

Autour de la table du banquet, les bonnes manières volent en éclat, à mesure que la soirée avance. En lambeaux, la famille, l'amour, l'amitié, le mariage... «En redécouvrant cette pièce, j'y ai trouvé une résonance avec notre fissure sociale», commente le comédien et metteur en scène genevois, joint par téléphone. «J'ai voulu quitter les années 1920. A mes yeux, ce mariage, c'est une exposition de la pauvreté culturelle de petites gens qui veulent s'élever socialement, faire croire que, mais qui n'ont pas la matière pour. Tout se déconstruit, y compris les valeurs morales. A la fin, c'est comme s'il ne restait plus rien, sauf une forme d'individualisme».

Une dimension «philosophique et sociale» qui n'en reste pas moins imprégnée d'humour burlesque. Mais contrairement à d'autres, Valentin Rossier n'a pas misé sur la vitesse d'un rythme échevelé, avec d'incessants allers-retours à la cuisine. «J'ai plutôt tenté d'amener une tension autour de la table, et d'en bouger le moins possible». Neuf protagonistes face au public, un dispositif frontal qui, le metteur en scène le souligne, n'est pas sans rappeler la «Sainte-Cène» de Léonard de Vinci.

Aujourd'hui le rôle du théâtre, c'est de sublimer, de transposer, d'exagérer, défend le Genevois. «L'esthétique réaliste m'ennuie au plus haut point. Faire semblant de jouer à la dînette, c'est une perte de temps, une faute de goût! Mais il s'agit quand même d'un mariage, les convives doivent boire et manger. Pour résoudre cette problématique, j'ai relégué les bouteilles sous la table, opté pour des barquettes en aluminium déjà en place».

Au niveau du jeu, nul besoin de grossir le trait, ces «dîneurs ne sont jamais dignes, c'est écrit comme cela». L'effort s'est reporté sur l'unité de l'interprétation. «La grosse difficulté de cette pièce, ce n'est pas les meubles qui se cassent, comme j'ai pu l'entendre! C'est de mettre neuf personnes ensemble, neuf personnes qui pensent et respirent ensemble. Cette pièce est conçue comme une seule scène d'une heure passée, sans trame spécifique. Il faut la rythmer et ce n'est pas facile quand les acteurs sont côte à côte, sans se voir forcément».

La Chaux-de-Fonds, L'Heure bleue-théâtre, samedi 29 novembre, 20h30

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