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Quand le «trash» en clin d'?il et le romanisme coexistent

13 juin 2008, 12:00

Peter (Jason Segel), compositeur loin encore du faîte de la gloire, écrit la musique d'un feuilleton télévisé dans lequel joue sa petite amie Sarah (Kirsten Bell). Un beau jour, elle lui apprend qu'entre eux, c'est fini! Peter pleure beaucoup! Il décide de prendre des vacances sous le soleil d'Hawaï, dans un hôtel où, stupeur!, se trouve aussi Sarah accompagnée d'une brute qui chante, Aldous (Russel Snow). Peter trouve Rachel, employée de l'hôtel, charmante. Tout est en place!

Un producteur novateur, Judd Apatov, un acteur devenu scénariste, Jason Segel, un jeune réalisateur, Nicholas Stoller, des acteurs peu connus vont offrir un subtil film à la fois drôle et romantique, oscillant entre un langage souvent vert appuyé par des gestes d'amour à la gymnastique libre et insolente et des scènes dont la cocasserie accentue un deuxième degré moqueur.

Au début du film, Sarah, habillée, annonce donc à Peter complètement nu de face et de dos, qu'elle le quitte! A la presque fin, Rachel, habillée, rejoint dans sa loge Peter, dans la plus innocente des nudités. Il vient de réaliser le rêve de sa vie, mettre en musique un «Dracula» qu'il considère comme une grande histoire d'amour, joué par d'inquiétantes marionnettes. Peter compose et chante, Aldous aussi: les paroles font progresser l'intrigue. Pour une fois dans une version doublée, elles bénéficient d'indispensables sous-titres.

Allusion est faite à la Samantha de «Sex and the city» et aux «Soprano». Il fallait bien qu'un jour les réussites des séries pointues américaines finissent par donner des idées aux gens de cinéma! On va donc oser des scènes crues accompagnées de mots verts, qui expliquent pourquoi on parle d'un cinéma «trash». Mais les ellipses sont si nombreuses, les scènes de ce genre si rapides que le «trash» devient clin d'?il! Le film peut dès lors se dérouler dans un ton romantique baigné d'humour, avec un regard généreux porté sur les personnages. Aldous apparaît d'abord comme une bête de sexe pour se transformer en agneau charmant et lucide. Le scénariste, bien servi par le réalisateur et lui-même en acteur, finit par faire apprécier tous les personnages, comme dans les grandes comédies américaines à la Franck Capra ou Howard Hawks. Attention: scène ultime au milieu du générique de fin! Une délicieusement bonne surprise!

La Chaux-de-Fonds, Eden; 1h52
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