Profs fâchés contre Philippe Gnaegi

02 août 2015, 19:23

Les enseignants du lycée Blaise-Cendrars, à La Chaux-de-Fonds, sont en rogne. Motif de leur colère, la décision du Département de l'éducation, de la culture et des sports (Decs), dirigé par Philippe Gnaegi, de modifier le système de rétribution des Formateurs en établissement (FEE). Dans une résolution adressée hier à Philippe Gnaegi, les enseignants menacent de ne plus former de stagiaires l'année prochaine si le Decs ne fait pas machine arrière.

Jusqu'ici, les professeurs qui accueillaient des stagiaires dans leur classe avaient le choix soit d'être rétribués pour cette charge de travail supplémentaire, soit de bénéficier d'heures de décharges l'année suivante. La décision du Decs supprime cette dernière possibilité. Or, selon les enseignants, «en calculant le salaire d'un maître de stage selon les deux manières proposées, on constate une différence de plus de 100% entre la rétribution à l'unité horaire et la conversion en heure de décalage».

Il coûte donc bien moins cher à l'Etat de rétribuer cette charge de travail supplémentaire que d'engager des remplaçants pour assurer les cours des maîtres de stage durant leurs heures de décharge. Ce que ne conteste pas Philippe Gnaegi: «Il s'agissait d'une mesure de solidarité demandée aux enseignants par rapport à la période économique difficile que nous traversons».

Le chef du Decs s'étonne de la réaction «tardive» des enseignants du lycée Blaise-Cendrars: «Cette décision fait partie d'un paquet de mesures d'économies approuvé par le Grand Conseil il y a huit mois. Je suis surpris que cela sorte quelques jours à peine avant les vacances». Philippe Gnaegi précise encore que cette mesure n'est pas pérenne mais qu'elle a été décidée uniquement pour l'année scolaire 2010-2011.

Le chef de l'instruction publique n'a pas encore décidé quelles suites donner à la résolution des enseignants du lycée Blaise-Cendrars. «Nous allons en discuter avec le Conseil d'Etat. Peut-être essayerons-nous de placer les nouveaux stagiaires auprès d'autres enseignants de l'espace Bejune.»

Philippe Gnaegi dit surtout regretter les conséquences que pourrait avoir la décision des enseignants pour les futurs stagiaires. Sur ce seul point, les profs contestataires sont d'accord avec lui: «Nous sommes conscients que ce n'est pas favorable pour les jeunes enseignants», explique Paul Jambé, professeur à Blaise-Cendrars. «Mais il faut montrer quand ça ne va pas. La prochaine fois, on souhaite que Monsieur Gnaegi réfléchisse avant d'agir.» /nhe