Pierre-André Rohrbach n'a pas raté une séance du législatif

Sans conteste, il mérite la palme d'or. Pierre-André Rohrbach n'a pas manqué une seule séance du Conseil général de La Chaux-de-Fonds depuis 2000. Rencontre avec le libéral-PPN. Agriculteur au Valanvron, Pierre-André Rohrbach est entré au législatif à l'occasion des élections communales de 2000. Il a voulu «s'engager pour [sa] région, essayer d'être élu et donner [son] avis». Il a choisi le Parti libéral-PPN, parce qu'il «correspondait à mes idées. Davantage que certains ne le croient, il tient aussi compte des gens». Proposer et faire des choses, tel est le leitmotiv du Chaux-de-Fonnier. «Nous avons besoin de social, mais nous ne pouvons pas mettre de côté l'économie. C'est comme pour l'écologie.»

14 avr. 2008, 12:00

Depuis juin 2000, Pierre-André Rohrbach n'a pas manqué une seule séance du Conseil général. Il dit respecter ses engagements et les gens qui l'ont élu. «J'ai de la chance que la santé aille bien.» Concilier son métier et sa vie politique nécessite quelques aménagements. Les heures de traite des vaches sont quelquefois avancées. «Je ne peux pas le faire sans l'aide de ma compagne. Quand ce n'est pas compatible, elle me seconde à la ferme.»

Le libéral-PPN est aussi impliqué dans le monde agricole. Il préside depuis une année aux destinées du Syndicat des producteurs de lait de La Chaux-de-Fonds et environs. Il ne manque pas de rappeler que la ville possède «le plus grand centre de coulage de lait de Suisse». Et les loisirs? «Pas de vacances, ça ne me manque pas», répond Pierre-André Rohrbach sans détour. «Pour arriver à ça, on doit faire des compromis.» L'homme aime sa ville. La Chaux-de-Fonds a «une offre énorme. Les gens ne s'en rendent pas compte», dit-il à propos de la vie socioculturelle.

De son travail au Conseil général, il retire quelques satisfactions. «D'avoir pu conserver les abattoirs», que ce lieu «puisse rester dans le tissu économique». Il évoque aussi la fiscalité: «Bien qu'élevée, on a pu la laisser à un niveau raisonnable.» Le libéral-PPN regrette tout de même qu'il ait beaucoup fallu se battre dans la rue. «Les plus grandes victoires, c'est en lançant un référendum qu'on les a obtenues. La population nous a donné raison. En même temps, dans les urnes, lors d'élections, on trouve toujours les mêmes tendances.» Et d'appeler les citoyens à voter.

Thème récurrent de ces deux dernières législatures, l'aménagement de la ville ne laisse pas l'élu de marbre. «Les commerces qui se vident le long du Pod» sont un de ses gros regrets. «Si les gens ne peuvent pas y accéder en voiture, ils n'y vont pas», estime-t-il. Du coup, favorable à un compromis du bon sens pour de nouveaux aménagements, il faut «qu'on remette des places de parc. On ne peut pas y échapper», lâche-t-il en évoquant les emplacements à durée limitée qui devraient être installés sur l'avenue.

Au sein du Conseil général, depuis quatre ans, Pierre-André Rohrbach a constaté un durcissement «avec l'arrivée de l'UDC». Les choses se sont toutefois améliorées. «Tous les partis ont compris qu'il faut travailler ensemble dans l'intérêt de la ville.» Autre élément rassembleur: «Les décisions du canton sont de plus en plus incompréhensibles pour la population et le milieu politique.»

Pour les prochaines élections communales, le libéral-PPN regrette le non-apparentement général à droite. «Ce n'est pas sain.» Quant à la fusion avec les radicaux, même s'il la juge inévitable, il estime que - entre les fédérales et les communales - «le calendrier a été très mal choisi». Après plus d'une centaine de séances du Conseil général, Pierre-André Rohrbach est prêt à rempiler pour une cinquantaine supplémentaire. /DAD