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Marie-Thérèse met ses crampons et foule la pelouse grasse

Après un passage remarqué à La Chaux-de-Fonds ce week-end, l'«Europorchet» a pris ses quartiers à Neuchâtel pour une semaine. Dans son nouveau spectacle, Marie-Thérèse s'attaque au monde du football: les amateurs de plaisanteries épaisses adoreront. Un mur de huit joueurs de la Nati, et Marie-Thérèse Porchet au milieu, le pied sur le ballon, saisissant à pleines mains deux paires de «profiteroles»... Le public venu en nombre au théâtre de L'Heure bleue ce week-end était averti par l'affiche d'«Europorchet»: c'est en dessous de la ceinture que Joseph Gorgoni (celui qui joue l'odieuse ménagère) et son coauteur Pierre Naftule sont allés chercher l'inspiration pour leur nouveau spectacle footballistique.

04 juin 2008, 12:00

Sur scène, une caricature de présentateur, cheveux gominés et sourire étincelant sous les projecteurs, annonce que l'on s'apprête à élire la mascotte officielle de l'Euro. Marie-Thérèse fait irruption sur le plateau: elle se porte candidate. Pour l'emporter, elle a pris «les choses en main» - n'y voyez aucune allusion à l'affiche du spectacle qui apparaît à ce moment sur l'écran géant en arrière-plan. Nettoyeuse de stade, joueuse de foot, vendeuse de saucisses... elle a participé à toutes les tâches ayant un rapport quelconque avec la compétition.

Pour le prouver, elle enjoint à son invisible amie Jacqueline de projeter les reportages tournés lors de ces expériences. Le procédé dramaturgique est intéressant: par le truchement de la vidéo, quelques grandes figures du football helvétique participent avec bonheur au délire de Joseph Gorgoni. Ainsi, Christian Constantin joue son propre rôle, lorsque Marie-Thérèse cherche à rencontrer? un «président modeste et honnête». Quant à Pascal Zuberbühler, il se prête à une séance photo avec son admiratrice dans les couloirs de la Maladière - «Zubi, c'est le Massimo Lorenzi de la Nati, c'est 197 cm de bonheur», s'écrie-t-elle en commentant les images. En bonne représentante, la ménagère de Gland ne peut s'empêcher de brandir langoureusement sur scène le «garde-banane de Tupperware» qu'elle a offert à son héros, pour qu'il puisse «la garder bien au sec». On est loin de l'excès de finesse!

Dans ce registre, on voit mal comment Joseph Gorgoni aurait pu résister à l'envie de mettre en scène le prodige brésilien Kakà. Joué par David Cunado (avec Pierre-André Sand, ils se partagent les rôles de Samuel Schmid, Köbi «Koukoun», Hakan Yakin et Karl Lagerfeld notamment), il doit son apparition au désir de Mme Porchet de naturaliser des joueurs étrangers, pour que les Helvètes aient une (petite) chance de remporter leur Euro. «Sans Kakà, on est dans la m...!», ne peut-elle s'empêcher de lâcher.

Un peu facile, tout de même: gageons que les supporters de foot qui, comme les autres acteurs de ce «sport propre, intelligent et sensible» sont gentiment égratignés pour leur manque de cervelle, ont trouvé pour cet encombrant patronyme calembours plus fins! / JJO

Neuchâtel, théâtre du Passage, du 4 au 7 juin à 20h30. Dimanche 9 juin à 17h
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