Mairie en or 18 carats

La restauration de l'Hôtel de ville, un bâtiment protégé, aura coûté 1,6 million de francs, soit un dépassement de 9%. On peut se demander pourquoi cette bourgade abrite autant de maisons avec une tourelle Les citoyens du Noirmont devront se prononcer le 20 février sur le décompte final de l'Hôtel de ville. Ce petit joyau aura finalement coûté 1,635 million de francs, avec un dépassement de 9% en raison de surprises dans la tourelle.

10 févr. 2006, 12:00

Mais le Patenschaft - parrainage pour les régions de montagne - (300.000 francs), la Loterie romande (10.000 francs) et les subventions (87.000 francs) viennent au secours de ce bâtiment qui est placé sous protection. En effet, il fut construit en 1896-1897 pour accueillir le Bureau de contrôle des métaux précieux, dont on se disputait l'implantation sur le Haut-Plateau. L'architecte était un certain G. Clerc, de La Chaux-de-Fonds. Le bâtiment va coûter 70.700 francs, ce qui était une grosse somme à l'époque. Le Chaux-de-fonnier fit notamment venir de la pierre «savonnière» de Nancy, une sorte de molasse. En ce temps-là, les affaires horlogères flambaient et, pour donner de la noblesse à sa construction, l'architecte y flanqua une tourelle, imitant ainsi les châteaux.

D'autres tourelles

Le Noirmont possède d'autres immeubles flanqués d'une tourelle. On songe à la laiterie, ou à l'hôtel de la Gare, cher à Georges Wenger. Ces bâtiments sont plus récents et datent du début du XXe siècle. Ils sont dus à un architecte suisse, dont on ignore le nom et qui aurait fait ses études en France, notamment dans le Nord, où l'on peut voir le même style d'immeubles.

Le rez-de-chaussée se trouvait surélevé à 1m50, ce qui était pratique en hiver en raison de la neige. Ceci permettait aussi d'aménager facilement une cave au-dessous de cette pièce surélevée. Enfin, la tourelle donnait un certain cachet, qui donne ce visage singulier au village du Noirmont. / MGO

Un déficit rouge vif

Lors de l?assemblée de commune du 20 février, les citoyens du Noirmont devront aussi se pencher sur le budget 2006, qui est rouge vif avec un déficit de 414.000 francs pour un roulement de charges de 6,5 millions. «Mais les clignotants sont positifs», rassure le maire, Jacques Bassang, qui a vu des rentrées d?impôts supérieures en 2005.

La décision prise par les citoyens d?abaisser la quotité à 1,9 plombe ce budget. A noter aussi que le conseil se permet des amortissements à hauteur de 430.000 francs (écoles, mairie...), ce qui prouve une certaine sérénité.

La dette par habitant atteint 6500 francs et les taxes restent inchangées, à l?exception de celle des ordures qui diminue de 7%, à 300 francs par ménage.

La commune prévoit enfin pour près de 1,4 million d?investissements, dont 340.000 francs pour la step à problème, un sujet plutôt chaud. / mgo

Le château de Saignelégier

Faisant face à Chasseral et surplombant le village, le «château de Saignelégier» a été érigé entre 1903 et 1907. Le maître d??uvre fut le préfet Ephrem Jobin, ainsi que les architectes bâlois Flügel et Widmer.

Cette magnifique construction, aujourd?hui propriété de Willy Simonin, au Noirmont, comprend pas moins de 25 pièces pour un volume de 2400 m3 sur quatre étages. Le bâtiment est chapeauté par un toit à quatre pans avec tourelle et flanqué d?une terrasse.

Le rez-de-chaussée comprenait la cuisine (avec passe-plats pour l?étage), la buanderie, une pièce pour la domestique, le garde-manger, et... trois caves (pour le vin, les légumes et les comestibles).

L?escalier est éclairé par un vitrail Art nouveau. A l?étage se trouvent le bureau du préfet, une salle d?attente, une immense salle à manger avec une cheminée francaise en marbre rose et un salon. Le sol est recouvert de parquets en bois massif. A l?extérieur, le bas du «château» est garni de moellons visibles. / mgo