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Les Sig de la police comme arme politique

La vente des pistolets de la police locale aux anciens membres du corps a fait mouche jeudi soir au Conseil général de La Chaux-de-Fonds. L'exécutif dit qu'il n'était au courant de rien. Les acheteurs sont priés de rendre les armes inutilisables. Flash-back. Le drame qui a coûté la vie à une jeune mère de famille début janvier à La Chaux-de-Fonds a rouvert le débat sur les armes. Le conseiller communal et, en l'occurrence, national Didier Berberat s'est fendu dans nos colonnes d'un courrier de lecteur dans lequel il fustigeait la droite suisse refusant le dépôt des armes de service à l'arsenal. A quoi le libéral chaux-de-fonnier Frédéric Hainard et l'UDC Marc Schafroth lui ont vivement enjoint de balayer devant sa porte, dans une réponse parue dans l'organe du Parti libéral «Réalités neuchâteloises». Les arguments: en 2006, la police locale, fondue dans la cantonale, a vendu ses anciens pistolets de service Sig aux policiers, comme souvenir. Un, au moins, s'est retrouvé sur internet. Or Didier Berberat est suppléant du Dicastère de police... Electoraliste et manipulateur, le conseiller communal socialiste, affirmait le courrier.

24 févr. 2008, 12:00

Libéraux et socialistes ont déposé jeudi soir deux interpellations, la seconde urgente, pour faire la lumière sur cette vente. En annonçant que 55 pistolets ont été vendus entre 300 et 1000 fr. pièce, prix d'armurier, «sous la supervision du commandant Gyger», précise le texte socialiste. «Le PS juge moralement illégitime la vente d'armes qui ne soient pas démilitarisées», est intervenue Sarah Diaz, jeune mère de famille. Pour elle, une collectivité publique doit savoir ce qu'elle fait de ses armes. La vente de celles de l'ex-police locale est ainsi «une faute politique» qui scandalise la conseillère générale.

Le président du Conseil communal Laurent Kurth a répondu par une déclaration écrite, lue à l'assemblée. Il en ressort que la décision de vendre les armes a été prise par l'état-major de la police en février 2006 (réd: sous le conseiller communal Michel Barben, libéral). Le Conseil communal dans son ensemble n'a pas été saisi. A noter que, sur la liste des policiers acheteurs, figure également... «la directrice en charge du Dicastère de la sécurité à la fin de l'année 2006», soit Josette Frésard, libérale également.

Non, les armes n'ont pas été rendues inutilisables, a poursuivi Laurent Kurth. S'il avait été au courant, le Conseil communal aurait au moins ordonné de le faire, voire leur destruction. Du coup, il invite les acheteurs «ayant acquis ces armes à les rendre inutilisables et à renoncer à les revendre à leur tour». / RON

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