Les ménages neuchâtelois se ruent sur le chèque emploi

Les ménages neuchâtelois régularisent en masse leurs aides de ménage. En trois mois, les 324 nouvelles demandes pour les chèques-emploi TicketTac ont pulvérisé le total de 202 enregistré en 2007. «Nous avions des scrupules et savions que nous étions hors la loi, évidemment pas de façon gravissime. En décembre, nous avons décidé de déclarer notre femme de ménage et notre garde-d'enfants».

16 avr. 2008, 12:00

Père de famille neuchâtelois, Denis a choisi de donner un coup de propre à son statut d'employeur occasionnel. «La campagne d'information qui a accompagné l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le travail au noir nous a confortés dans notre décision. Nous avons fait les démarches administratives avec effet au 1er février. Comme nous avons les moyens d'employer femme de ménage et garde d'enfants, il n'y a pas de raison de nous soustraire à l'effort collectif! C'est une question de conscience, même si nous faisons partie de la classe moyenne, qui fait l'effort fiscal proportionnellement le plus important...»

En trois mois, 324 personnes ont fait les mêmes démarches que Denis. Si bien que Travail au clair, qui délivre les chèques-emploi TicketTac, a été pris d'assaut. «A titre de comparaison, nous avions eu en tout 202 nouveaux dossiers pour 2007», calcule son directeur Pascal Guillet.

A fin mars, la masse salariale déclarée se montait à 450 000 fr., contre un total de 1,3 million l'an dernier. «C'est bien davantage que ce que nous pensions, et nous ne savons pas combien de temps cette vague de fond va se poursuivre...» Du coup, l'équipe ne sait plus où donner du chèque, même si l'effectif a été un peu augmenté et les heures d'ouverture réduites.

L'essentiel des demandes concerne les femmes de ménage. En deuxième position, mais loin derrière, arrivent gardes-d'enfants et gardes-malades à proportions égales. Les inscriptions de jardiniers, en revanche, restent rares.

Recif et Haut-Recif, associations qui dispensent une formation d'aide ménagère à des immigrées, mesurent pleinement l'engouement pour le travail déclaré, via la bourse de l'emploi qu'elles gèrent sur ses sites de Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. A peine diplômées (notre édition de vendredi), toutes les lauréates avaient trouvé un ou plusieurs employeurs. / BRE