Les francophones ont pu faire entendre leur voix

Le Conseil du Jura bernois a su en dix-huit mois d'activité faire reconnaître les intérêts et les atouts de sa région à l'intérieur du canton de Berne. Son président Jean-Michel Blanchard a indiqué hier vouloir poursuivre dans cette voie et dans celle du dialogue interjurassien. En faisant fi des divergences politiques et des particularismes. Confronté dès sa mise en train aux dossiers brûlants de la Haute Ecole Arc et de l'élaboration d'un concept d'aide à la culture, le Conseil du Jura bernois (CJB) a réussi son examen de passage pour devenir, au fil des dix-huit derniers mois, une institution incontournable dans sa région et à l'extérieur. Ses 24 membres, choisis sur la base de 120 candidats, ont fait fi de leurs divergences politiques et de leurs particularismes pour appliquer à leur avantage la loi sur le statut particulier.

06 avr. 2008, 12:00

A l'heure d'un premier bilan, le président du CJB Jean-Michel Blanchard ne regarde cependant pas uniquement dans le rétroviseur. «Il s'agit de continuer sur notre lancée», a expliqué hier le président. «Tant au plan des relations avec le Conseil exécutif que dans le domaine du dialogue avec les cantons voisins.» A ce titre, beaucoup de chemin a été parcouru, ponctué notamment par la création d'un poste commun de déléguée à la jeunesse et de nombreux contacts avec le canton du Jura. Du côté neuchâtelois, par contre, peu de chose. «Nous avons expliqué notre fonctionnement au président de la commission législative du Grand Conseil neuchâtelois», a précisé Jean-Michel Blanchard.

Le CJB entend aussi consacrer ses efforts d'aide à la culture régionale, dans le cadre du concept qu'il a lui-même pu élaborer l'an dernier. «Nous sommes de plus en plus connus dans notre région», s'est réjoui hier Jean-Pierre Aellen, au nom de la commission culturelle du CJB. «Et nous entendons encore disposer de moyens financiers plus importants.»

Avec le gouvernement bernois, les premiers accrocs se sont stabilisés. Notamment en ce qui concerne la succession de Béatrice Chissalé au poste de secrétaire francophone de la Direction de l'instruction publique, ou, dans le projet de réalisation d'un centre professionnel du Jura bernois. «La voie de la région s'est fait entendre dans une réforme qui continue pourtant de nous préoccuper», a indiqué Francis Daetwyler, membre du CJB.

Le statut particulier des francophones fait-il déjà des envieux dans le reste du canton? «Je n'ai jamais rien entendu de tel dans mon activité de député au Grand Conseil bernois», a rétorqué Jean-Pierre Aellen. «Il nous est arrivé de recevoir un téléphone pour nous demander comment nous avions pu obtenir une aide financière en terre francophone alors qu'elle aurait été refusée en Suisse alémanique», a souri le secrétaire général Fabian Greub. «Nous avons pris l'option de nous consacrer à notre région», a conclu Jean-Michel Blanchard. / PHC