Les échanges ont-ils vécu?

Les cinq entités de la fédération neuchâteloise ont en commun une difficulté à renouveler leurs effectifs. L'intérêt pour les questions éducatives n'est pas en cause Les écoles de parents ont-elles encore leur raison d'être? Quarante ans après la création de la première d'entre elles à Neuchâtel, la question se pose de manière particulièrement aiguë. A l'exception, peut-être, de celle de La Chaux-de-Fonds, toutes les entités membres de la Fnep (Fédération neuchâteloise des écoles de parents) sont «dans un creux de vague». L'aveu est de Myriam Rosselet, de l'Ecole des parents de la Côte. Avec ses collègues du comité, elle a décidé de lancer un ultime appel aux bonnes volontés. «Des bénévoles d'accord de donner un peu de leur temps pour renforcer les effectifs de notre comité. Pour participer à notre réflexion, amener des thèmes d'échanges, des idées d'activités.» Car c'est bien la définition des écoles de parents, nées à Paris en 1930: un lieu d'échanges et de partage entre les personnes intéressées aux problèmes d'éducation. Un cadre d'activités organisées «par des parents pour des parents». «Elles ne sont pas associées à la scolarité proprement dite, contrairement aux associations de parents d'élèves, par exemple. Elles visent avant tout à favoriser les échanges, tout comme l'harmonie familiale, à travers des activités parents-enfants», poursuit Myriam Rosselet.

01 févr. 2006, 12:00

A cette difficulté à recruter des bénévoles actifs s'ajoute un autre souci: les activités elles-mêmes - conférences, débats, cours - connaissent également une baisse de fréquentation. Exemple: cet automne, un «café des parents» organisé par la Fnep a réuni moins d'une demi-douzaine de participants. Pourtant, son intitulé, «TV, chips, soda», ne laissait planer aucun mystère sur l'actualité du thème...

Nouveaux appuis

«Peut-être y a-t-il pléthore d'informations? Les parents ne savent plus où aller.» Et ceux qui répondent présent sont déjà au fait des problèmes abordés. «Ils viennent pour se rassurer, conforter leur sentiment», imagine Patricia Guenat, de la Côte. Frustrée, comme Jeannette Blondeau, du comité de la Béroche, de voir qu'elles «n'arrivent pas à toucher les gens directement concernés.»

Les préoccupations des parents d'aujourd'hui ont-elles changé des leurs? Elles s'interrogent. «Nous sommes des anciennes, nos enfants ont grandi. Nous avons peut-être de la peine à trouver des thèmes.» D'où leur appel à de nouvelles forces et de nouvelles idées. Et s'il reste sans réponse? «Il faudra songer à changer nos habitudes.» Sous-entendu: renoncer à certaines activités pour se concentrer sur celles qui «marchent». Puis chercher de nouveaux appuis. Des collaborations. Voire bâtir un réseau.

Car, entre leurs doutes, une certitude demeure: l'intérêt pour les questions d'éducation est intact. C'est surtout la voie vers les réponses qui a changé avec les années. / SDX

Contacts: la Béroche: 032 835 21 79; la Côte: 032 841 11 46; Val-de-Travers: 032 861 34 78; La Chaux-de-Fonds: 032 913 03 94; Neuchâtel-Littoral: 032 724 14 29.