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«Le RUN évitera qu'on se chamaille»

13 mars 2008, 12:00

Quand la médiathèque a déménagé à La Chaux-de-Fonds, rue de Beauregard, «nous avons reçu des courriers incendiaires», relevait la conseillère d'Etat Sylvie Perrinjaquet. Des gens étaient horrifiés à l'idée de devoir traverser la ville... La dichotomie Haut-Bas, réelle ou imaginaire, était sous-jacente lors des divers points abordés lundi soir à la Maison du peuple. La troisième des six rencontres avec le Conseil d'Etat avait attiré une bonne centaine de personnes.

Les thèmes évoqués recoupaient en partie les préoccupations exprimées au Locle («L'Impartial» du 19 février), mais abordaient aussi la décentralisation des services cantonaux (Jean Studer en a énuméré une bonne liste), la répartition des investissements ou encore le domaine hospitalier. A ce propos, Roland Debély a affirmé que, oui, la décision prise par le Conseil d'Etat était irrévocable: le site mère-enfant à La Chaux-de-Fonds et un centre locomoteur à Neuchâtel. Si l'initiative aboutit? «Cela fera l'objet d'un autre débat.»

Mais c'était évidemment la disparition programmée de l'Ecole d'ingénieurs qui constituait le point chaud. «Ce vaisseau va prendre l'eau car une pièce a été montée à l'envers», lançait l'ingénieur chaux-de-fonnier Jean-Claude Schneider. Et de plaider pour réunir, à La Chaux-de-Fonds, tous les arts appliqués et l'ingénierie, branches complémentaires. Actuellement, les locaux sont inadaptés, raison pour laquelle les étudiants diminuent, jugeait-il. Mais une école neuve, construite à côté de la gare de La Chaux-de-Fonds, attirerait beaucoup plus d'étudiants «car elle serait unique au monde, avec son environnement industriel». Cette solution serait aussi globalement moins coûteuse, vu les prix de l'immobilier à Neuchâtel, ville déjà saturée par les problèmes de logement et de parcage...

Sylvie Perrinjaquet a répété qu'il s'agissait d'assurer la pérennité de l'école, qui fait partie de la HES-SO et qui doit donc répondre à ses exigences (masse critique, regroupement sur des sites uniques). Et même si pour le gouvernement, les Montagnes auraient constitué la meilleure solution, les cantons de Berne et du Jura ne se seraient pas ralliés à cette option et, à ce moment-là, l'Ecole d'ingénieurs était condamnée...

«Le RUN, le Transrun, la politique d'agglomération: ces projets éviteront qu'on continue à se chamailler. Nous entrons dans le club des villes de plus de 100 000 habitants qui créent des richesses dans l'Europe occidentale. Essayons de faire le deuil ensemble de ce que nous avons dû abandonner et construisons ensemble», exhortait Bernard Soguel.

Avec tout autant d'énergie, Fernand Cuche a conclu: les priorités à développer dans cette région? «Cela dépend aussi de vos envies!» C'est de diminuer les distances, c'est le Transrun, c'est de régler une desserte de transports publics performante de Saint-Imier à Morteau. «Nous n'allons pas renoncer aux routes de contournement mais nous voulons inscrire la région dans un développement durable. Elle s'y prête, et c'est la volonté du Conseil d'Etat.» / cld

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