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Le Laboratoire de Patricia Feusier met de la couleur dans la couture

Adolescente, Patricia Feusier rêvait d'éprouvettes et de potions. Aujourd'hui, c'est son Laboratoire de couture qui la fait vivre. Des ateliers de haute couture de Galliano à la vente en magasin, l'étudiante de La Chaux-de-Fonds en a vu de toutes les couleurs.

02 avr. 2009, 11:57

«Je n'ai pas eu de révélation, rigole la styliste née à Reconvilier. Je faisais bien des habits à mes poupées et ma mère nous cousait des vêtements, mais c'est tout.» Elle vend désormais ses propres créations et celles de son associée Maryll dans leur Laboratoire à Lausanne et dans une dizaine de boutiques en Suisse.

Un parcours qui a commencé à l'école de couture de La Chaux-de-Fonds d'où elle est sortie avec mention. «J'y ai vraiment appris les techniques de base qui me servent toujours», apprécie-t-elle. «En revanche, je dessine beaucoup moins. On griffonne rapidement des croquis, mais on ne prend plus la peine de les colorer et de peaufiner les détails sur papier.» Une mimique effrontée plus loin, elle se rappelle avoir détesté les cours de technologie, l'apprentissage des matières et des processus de teinte.

Pourtant, Particia Feusier découvrira bientôt toute la richesse de transformations d'un tissu dans les ateliers de création de John Galliano à Paris. Avant cela, la trentenaire a piqué son aiguille en Belgique et chez Lecoanet-Heman, à Paris déjà. Elle a également suivi une formation de styliste à l'Ecole d'Art Déco à Genève. Mais c'est de Londres, qu'elle décrochera sa place chez le créateur qui a notamment habillé la princesse Diana.

«Je n'ai que peu vu Galliano, car c'était la période où il commençait à travailler pour Dior. Je suivais surtout la première d'atelier», note Patricia Feusier. «Peu à peu, j'ai pu faire de la petite couture.» A l'issue de son stage de trois mois, on lui a demandé de rester. «J'ai eu ensuite

la chance de participer à l'élaboration d'une collection», se remémore-t-elle. «Le jour du défilé la top model Naomi Campbell ne quittait pas ses gardes du corps. Une seule couturière avait le droit de l'habiller. Il y avait aussi Eva Herzigova. Elle était vraiment sympa, malgré le stress monumental. Parfois, on finissait de coudre les vêtements sur les filles. J'ai pu aussi voir comment se passent les contacts avec les acheteurs. Aucune pièce du défilé ne quitte les ateliers. Elles restent dans des coffres et on en crée de nouvelles sur commande.» Ne recevant pas un salaire lui permettant de vivre dans la capitale parisienne, la petite Suissesse est finalement rentrée au pays.

Viendra la rencontre avec Maryll et le lancement de leur propre ligne de prêt-à-porter urbain. Dans leur atelier au centre de Lausanne, ouvert il y a presque dix ans, elles érigent la couleur en maître à bord. «On s'est lancé le défi de ne rien coudre en noir, se souvient-elle. Le noir, c'est toujours joli, mais tout le monde le fait. Alors, on a joué sur les imprimés et la couleur. Depuis deux ans, on a cédé au noir, car beaucoup de clients le demandaient.»

«Ceci n'est pas», leur collection printemps-été 09, joue de trompe-l'œil et d'asymétries. Habituées également des défilés fantasques – dans un musée d'histoire naturelle, à la patinoire de Malley –, les deux stylistes auraient-elles un esprit contestataire? «A Malley, c'était un peu mégalo, mais nous voulions faire défiler les mannequins en patins à glace et en septembre, à part Malley, il n'y a aucune patinoire de libre. Le public était au centre de la glace et les modèles tournaient autour, précise-t-elle. Mais je ne dirais pas que nous sommes contestataires, nous aimons plutôt interpeller.» /TBU

www.le-laboratoire.com

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