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Le football au Togo, miroir de la corruption dans le sport

La corruption pollue l'univers footballistique. Le documentaire suisse «Togo» nous en donne la preuve. Il sera sur les écrans dès le 7 mai dans les salles de Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Corruption, détournement de fonds, censure? Les réalisateurs Pierre Morath et Nicholas Peart ont suivi la Coupe du Monde de football 2006 en Allemagne depuis le Togo, alors plongé en pleine crise politique. Ce minuscule pays africain francophone faisait partie du même groupe que la Suisse et la France lors du premier tour.

29 avr. 2008, 12:00

En mars 2005, l'équipe togolaise apprend qu'elle est qualifiée, pour la première fois de son histoire, pour le Mondial de football. La population y voit l'occasion de réunir le gouvernement et l'opposition autour d'adversaires sportifs communs. Et aussi une dynamique à saisir pour développer le pays économiquement. Mais le sort en voudra autrement, comme nous l'explique Pierre Morath.

Avant même que les matches aient commencé, les problèmes surgissent. Les primes que doit verser la Fédération togolaise de football (FTF) aux joueurs ne tombent pas. L'entraîneur démissionne. L'Allemagne ne délivre pas de visas pour les supporters? De quoi faire chuter l'enthousiasme de la population!

En effet. Au Togo, la population est très impliquée dans le foot. C'est pratiquement le seul sport qui y est pratiqué. Et c'est un véritable porte-drapeau! Le foot se confond avec tout le reste. Il a un pouvoir émotionnel très fort.

Les coups durs se poursuivent pour les Togolais lors du premier match, à l'arbitrage douteux?

Oui. Contre la Corée du Sud, un joueur se fait expulser pour deux cartons, alors qu'au premier, on voit clairement qu'il n'a pas fait de faute. On peut se demander s'il n'y a pas une malédiction, ou si on n'a pas voulu punir le Togo de la perte de crédibilité que la polémique autour des primes a provoquée!

Pourtant, à ce moment-là, cette polémique n'a pas encore atteint son paroxysme. Le pire viendra lors du match contre la Suisse?

Effectivement. Ce jour-là, les joueurs togolais ont refusé de se rendre au match car ils n'avaient toujours pas touché leurs primes. Finalement la FIFA a débloqué des fonds pour éviter un scandale. Les joueurs sont arrivés au dernier moment au stade.

Pourquoi la FTF n'a-t-elle pas réussi à verser les primes?

Avec la qualification au Mondial, la FTF touchait de la FIFA quelque chose comme 2 ou 3 millions de francs. Une partie devait revenir aux joueurs. Mais à peine donné, l'argent avait été dilapidé, ou mis de côté. Il est sans doute passé dans les poches de celui qui était alors le président de la FTF, Rock Gnassingbé, qui est aussi le frère du président de la république.

Une fois le Mondial terminé, la FTF a été amendée par la FIFA et son président a été changé. La situation s'est-elle améliorée?

Avec le nouveau président, un homme d'affaires, on pensait que la politique serait séparée du sport. Mais en 2007, lorsque le Togo a organisé la Coupe d'Afrique des nations pour les cadets, il a été surpris en train de payer l'arbitre?

Un mal intrinsèque?

La corruption est une maladie endémique à l'Afrique. Certains pays fonctionnent mieux, comme le Bénin, ou le Ghana. Celui-ci a d'ailleurs été le seul des cinq pays africains qualifiés à avoir passé le premier tour?

Dans votre film, les pays européens ne sont non plus pas présentés blancs comme neige. Vous attendez-vous à des dérives pendant l'Euro 2008?

Il existe quand même des garde-fous! Mais il est vrai que c'est un monde opaque où les enjeux sont immenses. L'hyperprofessionnalisation du sport a pollué l'éthique sportive. / CBI

Avant-première le dimanche 4 mai à 16h au cinéma ABC de La Chaux-de-Fonds, en présence des réalisateurs, des acteurs principaux et du joueur togolais du FCC Yao Senaya Junior.
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