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Le court règne d'un conseiller d'Etat au caractère impulsif

La démission de Frédéric Hainard fait figure de suite logique d'une conception chez lui très personnelle de l'exercice du pouvoir. Agé de 34 ans, le jeune conseiller d'Etat neuchâtelois paie les pots cassés de décisions dictées par son caractère impulsif.

24 août 2010, 09:25

Il n'y a pas si longtemps, tout semblait pourtant aller pour le mieux pour ce politicien originaire de La Chaux-de-Fonds, considéré comme une étoile montante du Parti libéral-radical (PLR). Lors des élections cantonales d'avril 2009, à l'âge de 33 ans, il était élu au Conseil d'Etat en obtenant le meilleur score de la liste PLR.

Elu déjà en 2004 au législatif de La Chaux-de-Fonds, Frédéric Hainard s'était présenté ensuite avec succès en 2008 à l'élection au Conseil communal (exécutif). Il avait renoncé à occuper son poste du fait de la présence de son père Pierre Hainard à l'exécutif, élu pour la seconde fois sous la bannière de l'UDC.

Durant la campagne pour l'élection au Conseil d'Etat, Frédéric Hainard est parvenu à éviter le rappel d'une affaire survenue en 2005. Alors qu'il était employé de la police de sûreté, le futur conseiller d'Etat avait ordonné la séquestration d'un enfant pour mettre la main sur sa mère faisant l'objet d'un arrêt d'expulsion.                                                                                           

Plaintes déposées
La méthode alors utilisée avait fait l'objet d'une plainte pénale et administrative. L'action administrative s'est éteinte à la suite de la nomination de Frédéric Hainard en 2007 au poste de procureur suppléant de la Confédération. Le Ministère public neuchâtelois avait quant à lui classé le volet pénal de l'affaire.

Après son élection au Conseil d'Etat, Frédéric Hainard s'est appliqué à donner de lui une image de personne préoccupée par les problèmes rencontrés par la population neuchâteloise. Sur son site internet, il met en exergue sa passion pour le respect du droit et la nécessité de mouiller sa chemise en faveur du citoyen.

Bilan décevant
Son bilan au terme de quinze mois de gouvernement constitue néanmoins une «totale déception», estime Baptiste Hurni, président du PS neuchâtelois. De son côté, le député UDC Jean-Charles Legrix concède une «bonne connaissance des dossiers» au conseiller d'Etat, qui n'est «ni pire ni meilleur que ses collègues du gouvernement».

Pour plusieurs parlementaires, le souci d'efficacité dans l'action publique revendiqué par Frédéric Hainard a donné lieu à des décisions irréfléchies. Baptiste Hurni en veut pour preuve la suppression abrupte des subventions accordées à Job Service, une institution d'aide à l'insertion des jeunes sans emploi.

Dérapage
Le caractère impulsif du jeune ministre est apparu plus nettement après la révélation ce printemps de ses interventions dans des enquêtes relatives à l'abus d'aide sociale. Et son étoile s'est mise à pâlir dès le moment où une inspectrice, partie prenante aux enquêtes, s'est révélée être la maîtresse du conseiller d'Etat.

Frédéric Hainard s'est résolu à avouer sa relation intime avec son «amie de quinze ans» après de multiples dénégations. Le fait  pour lui d'avoir usé de son influence pour faire recruter sa protégée au sein de l'administration cantonale a achevé de ruiner le crédit qu'une minorité de citoyens voulait bien encore lui accorder.

Père de famille
Et l'affaire Hainard n'aura pas eu pour seule conséquence pour  l'intéressé de perdre son siège au gouvernement. Ce mari et père de deux filles devra aussi assumer les pots cassés dans la procédure de séparation en cours avec son épouse, comme il l'avait lui-même avoué en dévoilant publiquement sa relation extraconjugale. /ats


 

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