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«Land act» et tours de force

21 juin 2008, 12:00

Petite assemblée pour une grosse pointure, jeudi soir au Club 44, à La Chaux-de-Fonds, où le public était invité à découvrir le «parcours d'un cogne-trottoir», soit celui de Michel Crespin, vieux dinosaure des arts de la rue et fondateur, entre autres, du festival d'Aurillac.

Un métier en mouvement qui se professionnalise, a expliqué celui qui, après avoir été instituteur - «ce qui est déjà un tour de force» -, a rejoint les saltimbanques, sans tradition familiale. «Dans les années 1970, les universitaires ont pris la rue comme terrain d'expression et se sont appuyés sur des traditions foraines, apportant un regard de théâtre sur ce qui n'était alors que des numéros de prouesse.»

Trois heures ont à peine suffi à l'intarissable bonimenteur pour faire le tour des mille et une façons d'occuper l'espace public. Certains emballent des ponts, d'autres improvisent une scène sur une plaque d'égout et deviennent fakir, avaleur de rats ou danseur sur solex, cultivant la notion de l'éphémère. «Heureusement, depuis l'époque du chapeau, les compagnies signent aujourd'hui des contrats», a-t-il relevé, allusion au mode de fonctionnement de la Plage des Six-Pompes. En France, en effet - ah! l'exception culturelle française! -, certains ont les moyens de faire défiler des géants dans les rues, à l'instar de la compagnie poids lourd Royal de luxe et son éléphant de 42 tonnes, articulé par quelque 25 personnes. Une création monumentale que les Montagnons ne sont pas près de voir défiler sur le Pod. A moins que la Plage des Six-Pompes ne réussisse à faire lever le nez des autorités vers le haut du canton. Encore un tour de force. Car «celui qui possède les clefs du théâtre de rue, c'est l'élu politique», a rappelé Crespin. Las, aucun n'était là pour l'entendre jeudi. / syb

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