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La tourterelle turque a réussi sa conquête de l’ouest

Dans cette série d’été «A tire-d’aile», le Musée d’histoire naturelle nous aide à prendre de la hauteur.

05 sept. 2018, 20:09
«Cou-coûh-cou», son chant répétitif irrite plus d’un dormeur au petit matin! Huguenin-Margand

De couleur beige à queue longue, on reconnaît la tourterelle turque à son étroit demi-collier noir bordé de blanc sur sa nuque. Son cri «cou-coûh-cou» ressemble à celui du pigeon, et, langoureux, il peut au petit matin irriter des dormeurs.

Au départ, cette espèce était totalement absente d’Europe. Son territoire se confinait probablement à l’Inde, le Sri Lanka, le Pakistan, l’Afghanistan et le Turkestan. Ensuite, elle a essaimé en Iran pour coloniser la Turquie vers 1700. D’où son nom.

Ses premiers envols en Europe au début du 20e

Depuis le début du 20e, cette espèce a formidablement réussi son expansion en Europe et jusqu’à l’Atlantique, du Nord vers le Sud. La première preuve de nidification en Suisse date de 1955 et de 1966 pour le canton. Vers 1993-1996, on dénombrait quelque 15 000 à 20 000 couples en Suisse. Dans notre région, de 250 à 500 individus ont été comptés entre 1997 et 2002.



Sa maturité sexuelle précoce et sa capacité à nidifier toute l’an née dans les zones tempérées et/ou la présence croissante de champs de maïs expliqueraient cette conquête de l’ouest. Une fenêtre climatique a peut-être aussi aidé. En pays musulman, on protège ces volatiles, car on pense qu’ils prient en chantant à heure fixe comme les croyants.

Un mythe grec lui attribue le chiffre 18

Peu farouche, la tourterelle turque apprécie le contact de l’homme, qui lui procure sa nourriture en hiver, saison durant laquelle cet oiseau, très sédentaire, est en danger. Eclectique, il niche isolément à la fourche d’une branche ou parfois sur un objet urbain insolite: une ligne de trolleybus, un feu de trafic, etc.

Pour la petite histoire, un mythe grec lui attribue le chiffre 18. Le nombre de pièces dont était misérablement payée une servante, accablée de travail. Les dieux entendirent cette pauvre fille les supplier d’être débarrassée de sa tâche. Ils la changèrent en tourterelle. Depuis, elle fait retentir à tous les échos sa lugubre plainte: «hou, hou, hou». Quand elle chante ainsi, on dit en français que la tourterelle gémit.

Avec la collaboration des ornithologues du Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds

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