La manufacture pas comme les autres de Rodolphe Cattin

Le designer neuchâtelois Rodolphe Cattin a choisi le cadre somptueux du domaine de Vaudijon, à Colombier, pour lancer officiellement ce matin sa nouvelle marque horlogère. Sa «manufacture», plutôt, puisque le nom exact de cette nouvelle aventure est Manufacture Rodolphe Cattin.

08 déc. 2010, 14:35
Associé à Thomas Meyer, ancien directeur général d'Aquanautic, Rodolphe a présenté quelques pièces d'une collection qui s'annonce plutôt féminine, dans une gamme de prix cependant très vaste: de 2000 francs à plus de 100 000 pour des complications comme un tourbillon.

Manufacture? En fait, MRC, le nom abrégé de la nouvelle marque, n'en est pas une, si l'on estime qu'une manufacture horlogère est une entreprise qui réalise à l'interne l'essentiel des composants et éléments d'habillage de ses montres. Mais le duo Rodolphe-Meyer donne à cette appellation une nouvelle signification: «C'est un peu la manufacture de demain, celle qui travaille en réseau, avec des partenaires extérieurs», résume Thomas Meyer.

Partenaires répartis dans l'Arc jurassien pour la plupart, avec des mouvements Soprod pour le quartz, Concepto pour le mécanique, des boîtes et un assemblage made in La Chaux-de-Fonds.

Rodolphe Cattin a quitté en automne 2009 le groupe Franck Muller. Il a fait un break, et s'est «exilé» quelque temps en Bretagne. «Mais ça me démangeait, il fallait que je crée quelque chose», confie le Neuchâtelois, qui n'a pas le droit d'utiliser son prénom tout seul (la marque Rodolphe appartient au groupe genevois). «Mais j'ai toujours mon passeport», plaisante-t-il. Et un nom de famille.

Au final, la Manufacture Rodolphe Cattin, dont les bureaux sont à Neuchâtel (et non à Vaudijon, le domaine étant toujours habité, mais à vendre), propose des produits qui seront à 60% féminins, quartz et mécanique, et des pièces masculines uniquement mécaniques.

Le tout avec un design carré ou rectangulaire, assez audacieux en termes de forme de boîtier. Quelques produits ont été dévoilés aujourd'hui, une quarantaine de références seront présentées en janvier à Genève, en même temps que les premiers salons horlogers. «Nous avons voulu revenir à quelque chose de pur, d'essentiel et d'ergonomique», expliquent les associés, qui ont investi personnellement dans l'affaire, avec l'appui extérieur de plusieurs investisseurs de la région.

Mais au fait, combien ça coûte, de lancer une marque? «Vous prenez un chiffre à mi-chemin entre un et 99 millions, et c'est à peu près ça…», résume Thomas Meyer. Dont acte…