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«La chute du Mur est un phénomène qui n'a rien résolu de fondamental»

En 1989, la chute du Mur de Berlin va entraîner l'effondrement des régimes des pays de l'Est, puis deux ans plus tard celui de l'Union soviétique. Le regard du popiste chaux-de-fonnier Alain Bringolf, qui était alors conseiller communal et député.

07 sept. 2009, 07:51

Vingt ans après la chute du Mur, Alain Bringolf jette un regard lucide sur les événements de 1989. Il n'a pas été vraiment surpris. «Le système ne tenait plus.» En revanche, «la rapidité avec laquelle ça s'est défait» l'a étonné. «Que ça puisse disparaître en quelques semaines dans un pays où l'organisation avait tout le pouvoir, c'est surprenant.»

Et ses adversaires politiques de l'époque? «Ils étaient ravis.» Sans davantage s'en prendre au député popiste. Pas plus qu'au magistrat chaux-de-fonnier. «Au Conseil communal, ça ne m'a pas posé trop de problèmes.»

Tout en restant bien conscient des manquements en matière de pratiques démocratiques des régimes d'alors, Alain Bringolf ressent toujours «une déception d'avoir idéologiquement et politiquement perdu une guerre. Ce qui était mis en place pouvait être amélioré». Et d'enfoncer le clou: «On a jeté le bébé avec l'eau du bain.»

La chute du Mur de Berlin, des régimes des pays de l'Est, puis celle de l'Union soviétique, ne représentent pas, aux yeux du popiste chaux-de-fonnier, la mort du communisme. «Ces derniers siècles, il n'a pas été mis en pratique.» Par contre, juge-t-il, «l'humanité a plus perdu que gagné, malgré toutes les erreurs, tous les crimes commis. Si on fait un bilan émotionnel, ça avait au moins le mérite d'équilibrer le monde par rapport au capitalisme».

Un bilan? «La chute du Mur est un phénomène qui n'a rien résolu de fondamental.» Le Chaux-de-Fonnier n'a rien perdu de ses convictions. «Le capitalisme, sans garde-fou, c'est la catastrophe assurée.»

Une solution? Alain Bringolf n'a pas de recette toute faite. «Chaque réponse devrait viser à modifier notre comportement. Nous devons penser des relations qui visent à l'équilibre et nous devons songer à l'environnement. Je pense que si l'être humain veut continuer à vivre sur cette planète, il faut trouver un équilibre. Sinon, il restera quelques bandes, par-ci par-là, qui auront échappé au massacre.»

Le popiste a néanmoins quelques doutes sur l'émancipation humaine. «Je crains que le renversement de la royauté par la bourgeoisie n'avait pas pour but une plus grande démocratie, mais de permettre à davantage de personnes d'avoir accès aux biens et au style de vie de la royauté! Je crains également que la lutte des ouvriers pour renverser les capitalistes, soit davantage l'envie d'accéder à leur mode de vie et de pouvoir disposer des mêmes biens matériels que de vouloir une plus grande justice sociale, quoi qu'on en dise!» /DAD

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