L'OCN consacre le temps qu'il faut à Cyril Squire

09 mars 2008, 12:00

A l'affiche du dernier concert de l'OCN, demain au temple du Bas à Neuchâtel, Cyril Squire est le modèle achevé d'un maître en possession d'un métier souverain. Arrivé, en 1965, au Conservatoire de La Chaux-de-Fonds pour y enseigner le piano, il y dispensera des leçons d'harmonie, de contrepoint, qui feront affluer des cohortes d'élèves.

Après le décès de Robert Faller et une courte période intérimaire, il devient directeur du Conservatoire des Montagnes et cela jusqu'en 1996. C'est à lui que l'on doit le déménagement du Conservatoire dans les locaux de l'ancienne Préfecture: «En ce temps-là l'Etat jouait le jeu...», dit-il.

Mais avant cela quel passé! De nationalité britannique, Cyril Squire est né en France. Très jeune, il montre des aptitudes pour la musique. Il est admis dans la classe d'harmonie du Conservatoire de Paris, son premier prix de contrepoint et de fugue lui donne accès aux classes de Nadia Boulanger. Le rêve. Parallèlement il travaille le piano avec Vlado Perlemuter.

En composition, il commence à faire parler de lui dès sa première sonate qui retient l'attention d'Henri Dutilleux. En 1960, le Prix de composition du Conservatoire de Paris lui doit une mention de Darius Milhaud.

Cyril Squire ne pouvait pas ne pas réfléchir, au cours des ans, à l'évolution du langage musical provoqué par ses pairs. Sa personnalité propre l'a tenu éloigné de la recherche pratiquée dans les années septante. «Je suis volontairement classique, je veux être authentique... ».

Il ne met aucune précipitation dans son travail, toutes les ?uvres, les premières comme les dernières, sont profondément élaborées. «Chaque silence, chaque note est le résultat d'une recherche.» Il n'a jamais cessé de composer même si parfois plusieurs années s'écoulent entre les partitions, sonate pour piano, fantaisie pour piano et orchestre, ?uvres religieuses, trio pour bois...

Cyril Squire dit sa gratitude aux musiciens de l'Orchestre de chambre de Neuchâtel (OCN), dirigés par Jan Schultsz, qui interpréteront, demain, la Sonate en trois mouvements pour cordes, en ré mineur. «Jan Schultsz a des idées, les musiciens s'appliquent, il y a un passage très difficile de 14 mesures, sur lequel personne n'a encore jamais passé autant de temps pour le jouer parfaitement.

Neuchâtel, temple du Bas, dimanche 9 mars à 17h