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L'époque épique et politique de «Léon» Leimgruber

Claude «Léon» Leimgruber, conseiller communal popiste loclois, prend sa retraite après avoir accompli deux législatures. Souvenirs d'un militant qui a connu l'époque épique des échauffourées politiques et de la «Voix ouvrière» vendue dans les bistrots. «Claude dit communément Léon Leimgruber»: voilà la mention apposée sur quelques-unes des 20 fiches qu'a eu l'honneur de susciter, sous l'ère Furgler, le conseiller communal popiste Claude Leimgruber, qui s'en va après deux législatures. «Encore aujourd'hui, quand on m'appelle Claude, je ne me retourne pas!» Pour tout le monde, Claude Leimgruber se nomme Léon. Il continue de recevoir du courrier timbré Léon, et son grand frère Jean-Daniel est surnommé Léon lui aussi. Eclaircissons une bonne fois ce mystère.

24 avr. 2008, 12:00

Claude Leimgruber, d'origine argovienne, est né à Lausanne. Des expressions comme «t'es un Léon» ou bien «t'es un fléau» y étaient courantes. Les frères Leimgruber ont pris cette vaudoiserie avec eux en arrivant tout jeunes au Locle. Comme Jean-Daniel s'appelait Léon, Claude, c'était le petit Léon. Et voilà.

La politique, Claude Leimgruber est tombé dedans très jeune. Il a adhéré au POP en 1961, à la suite d'une conférence sur le 23e Congrès du parti communiste soviétique donnée par le célèbre popiste Frédéric Blaser. Conférence qui s'était tenue au Luna (actuelle salle des musées), «un cinéma qui ne passait que des westerns en noir et blanc». Dans une atmosphère surchauffée. Les gendarmes étaient venus en force, craignant un esclandre. «Il y a eu deux ou trois coups de poing échangés, des ?ufs lancés... C'était un peu Clochemerle!»

Quelque temps après, craignant que Frédéric Blaser se fasse encore prendre à partie, «les grandes baraques de La Chaux-de-Fonds, Broillet, Lengacher, Charles de la Reussille descendaient pour l'escorter, un peu comme des gardes du corps». Une époque épique! Du jour où «Léon» a adhéré au POP, il ne l'a plus quitté. En 1968, il était élu au Conseil général. Il y restera jusqu'en 2000, date où il est élu conseiller communal en même temps que son camarade Denis de la Reussille devient président.

Le militantisme, il sait ce que c'est, et c'est cela qui lui plaît - «Je suis un homme de terrain» -, comme distribuer du matériel électoral dans les boîtes aux lettres. Ou vendre la «Voix ouvrière» dans les bistrots, mais ça, c'était à l'époque. La «VO» («Gauche Hebdo») existe toujours, mais pas ces bistrots si joyeux et si vivants, où on pouvait vendre 300 numéros en une soirée.

Il garde surtout de très bons souvenirs de ces deux législatures qu'il résume ainsi, en tant que popiste: «Le travail réalisé a montré que les doutes qui assaillaient différentes personnes de droite étaient infondés». De grandes satisfactions, comme d'avoir pu réunir au Locle toutes les filières de l'Ecole technique du Cifom. De grandes déceptions aussi, comme le départ programmé de l'Ecole d'ingénieurs, le dossier n'ayant pas été défendu, estime-t-il, avec la vigueur qu'il nécessitait. Mais l'un dans l'autre, une excellente expérience. Avec des charges certes lourdes, malgré ce mi-temps théorique.

La politique, c'est toujours sa passion, et ce n'est pas parce qu'il part en retraite qu'il va cesser de militer. Mieux, «je pourrai être plus présent dans ma section». Non, pas de croisière autour du monde en vue. Mais peut-être ce passionné de jazz aura-t-il maintenant le temps de trier ses centaines de disques. / CLD

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