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L'entreprise ELSA, bloquée par les producteurs de lait

A l'instar de leurs homologues européens, une centaine de producteurs de lait ont bloqué ce matin les entrées de l'entreprise ELSA, à Estavayer-le-Lac (FR). Un peu partout en Suisse, des réunions d'agriculteurs doivent décider d'un éventuel durcissement du mouvement.

21 sept. 2009, 17:51

En bloquant une filiale de Migros, un des quatre grands acheteurs de lait en Suisse, la centaine de paysans a empêché des camions de marchandises d'accéder à l'usine, les obligeant à faire demi-tour, a  indiqué Valentina Hemmeler, secrétaire d'Uniterre.

Sur les tracteurs, on pouvait lire des slogans tels que «Révolte  paysanne» ou «Les petits crèvent, les gros s'engraissent». «Les producteurs se maîtrisent mais sont déterminés», a-t-elle affirmé, assurant que la manifestation s'est déroulée dans le calme.

«Sans discussion, pas d'arrêt du mouvement»

Le syndicat Uniterre souhaite que Doris Leuthard, ministre de l'économie, organise rapidement une discussion entre les parties. «Pas de discussion, pas d'arrêt du mouvement», prévient Valentina Hemmeler. Mais l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) n'est pas de cet avis.

«La seule institution représentative, c'est l'interprofession du lait», affirme Jean-Marc Chappuis porte-parole de l'OFAG. «Les manifestants à l'origine du blocage de l'entreprise ELSA sont une minorité non représentative des 27'000 producteurs de lait en Suisse», a-t-il déclaré. «L'Etat n'interviendra pas tant  qu'un consensus n'aura pas été trouvé au sein de l'interprofession du lait», a-t-il ajouté.

Mais pour le moment, les discussions au sein de l'interprofession, qui réunit les producteurs mais aussi les industries, sont au point mort. C'est d'ailleurs la décision de l'interprofession de ne relever le prix indicatif du litre de lait que de 0,4 centime, à 62 centimes, qui a mis le feu aux poudres. La  revendication principale du mouvement de protestation est d'obtenir un prix de un franc par litre de lait.

Fribourg et Neuchâtel encore à l'écart

Selon Nicolas Bezençon, secrétaire à Uniterre, le mouvement de grévistes s'étend largement. «Il n'est pas impossible que les rayons lait de Coop ou Migros soient bientôt vide», a-t-il affirmé,  ajoutant que «le mouvement monte en puissance et devrait durer».

Pour le moment, les cantons de Neuchâtel et Fribourg sont restés à l'écart de la protestation. «Les producteurs de ces cantons sont liés par contrats directs avec les centrales d'achat. Toute grève équivaut à une rupture de contrat. Alors ils hésitent», justifie  Nicolas Bezençon.

Quant à Genève et Jura, les producteurs se sont déjà manifestés, notamment par des ventes de lait. Des réunions sont prévues dans les semaines à venir sur un éventuel durcissement du mouvement.

Une assemblée de producteurs se réunira demain à la Chaux-de-Fonds  pour donner une impulsion au mouvement. Des actions de vente de lait sont déjà prévues mercredi à Lausanne et dans le Chablais. «Nous allons continuer jusqu'à ce qu'on nous prenne au sérieux», a averti Valentina Hemmeler.

Solidarité avec le mouvement européen

Les protestations des paysans suisses rejoignent celles de leurs homologues européens. aujourd'hui, des agriculteurs ont déversé un «lac de lait» devant la Commission européenne, en plein centre de Bruxelles.

Les producteurs francais ont aussi continué la «grève du lait» entamée le 10 septembre en bloquant des laiteries et en déversant des hectolitres dans les rues.

Les gouvernements ont réagi ces derniers jours: 19 pays européens ont signé un texte appellant à une nouvelle régulation du secteur laitier. /ats

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