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L'Afrique: sa vie, sa mort

Deux membres de Nouvelle Planète, dont son cofondateur, ont été victimes d'un accident fatal au Burkina Faso. Le fils de Maurice Lack parle avec émotion de son père

17 févr. 2006, 12:00

Ils étaient deux couples d?amis. L?un, grand amoureux de l?Afrique, où il avait vécu par le passé, voulait faire découvrir à l?autre le Burkina Faso. Mais un tragique accident de la circulation a mis fin à ce périple au programme duquel figurait aussi une mission humanitaire.

Un accident dans lequel Maurice Lack, de Neuchâtel, et Ilonka Fèher-Bannwart, de Saint-Blaise, ont trouvé la mort, samedi dernier à midi. Leurs conjoints respectifs, qui étaient à bord du même véhicule, ont, pour leur part, été juste blessés. Les corps des deux victimes, toutes deux âgées de 60 ans, ont été rapatriés avant-hier.

Architecte à Neuchâtel, Maurice Lack fut le cofondateur et président du conseil de fondation de l'Organisation non gouvernementale (ONG) Nouvelle Planète, ainsi que du centre écologique Albert Schweitzer (CEAS). Il était, par ailleurs, très impliqué dans la vie de la paroisse de l'Ermitage. Ilonka Bannwart, quant à elle, effectuait des traductions en allemand pour le journal de l'ONG.

Avec émotion, tendresse et sensibilité, Jean-Marie, celui des deux fils de Maurice Lack qui a suivi les traces humanitaires de son père (l'autre étant musicien), parle de lui. Evoque la philosophie de vie qu'il a transmise à ses enfants. «Des paroles, des paroles? Des actes, plutôt!, avait-il coutume de dire.» Un événement majeur avait bouleversé la conception de la vie de Maurice Lack: sa rencontre simultanée avec l'Afrique et l'éthique d'Albert Schweitzer. Mandaté, dans les années 1970, pour réaliser les plans du nouvel hôpital Albert Schweitzer à Lambaréné, il vécut un certain temps au Gabon avec sa famille.

«Là-bas, il a pris conscience de la valeur de la vie, mais aussi de l'unité que forment l'environnement et l'être humain. Il comprit que tout ce que l'on entreprenait avait une incidence. Que nous avions donc une grande responsabilité. Que nous devions agir en toute conscience après mûre réflexion, et que si nous nous trompions, il fallait en assumer les conséquences, en tirer une leçon sans pour autant se morfondre. Il détestait que l'on gaspille de l'énergie à se lamenter sur le passé plutôt que d'agir. Quand on râlait pour quelque chose, il nous disait: «Si tu as une autre solution, propose-la. Sinon, tais-toi!»

Après cette expérience africaine, Maurice Lack n'a plus conçu son métier de la même manière et a créé Ecotech. Un bureau spécialisé dans les bio-technologies. Parallèlement, il créa le Ceas et Nouvelle Planète, avec deux de ses amis, Willy Randin et Le chaux-de-Fonnier Francis Gerber. Avant que son fils Jean-Marie ne fonde Courrier Sud, que Maurice Lack présidait.

Emu, mais reconnaissant, Jean-Marie Lack conclut: «Grâce à la dynamique de vie que nous a insufflée notre père, nous pouvons aborder sereinement l'épreuve que nous vivons aujourd'hui.» / FLV

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