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«Il» n'est qu'un portemanteau

Déjà le plateau est inquiétant: une chaise, un fauteuil, un portemanteau... La salle de consultation de quelque psy de province? L'atmosphère colle au personnage. Mais que contiennent les deux sacs de papier que «Le fétichiste» transporte avec précaution? Ballotté successivement entre humour et tragédie, le public en eut la révélation à la toute dernière minute du spectacle, samedi au Temple allemand, à La Chaux-de-Fonds.

24 avr. 2006, 12:00
Ode au porte-jarretelles

Ne pas vendre la mèche dès le début. Pour l'interprète du texte de Michel Tournier, la difficulté est tout entière dans cette ambiguïté: conduire un grand crescendo, une mesure toujours égale, sans privilégier la bouffonnerie aux dépens du drame, ni l'inverse.

On entend d'abord une histoire où tout est clairement dit: «l'habit fait le moine», tout l'homme est dans sa chaussure, un corps n'est finalement qu'un portemanteau...

Et tout en surfant sur la banalité - l'ode au porte-jarretelles est un morceau d'anthologie -, l'histoire vous mène tout droit au temps passé avec Antoinette, aux problèmes du monde, jusqu'aux années de stalag du personnage.

Faire croire à quelque histoire banale, figer le rire, soudain, dans la glace d'un désespoir qui jamais ne renonce à la dérision. C'est dire l'importance du jeu dans cet exercice de haute voltige. Seul en scène pendant plus d'une heure, Jérôme Frey est un merveilleux fou. En professionnel aguerri, il passe les obstacles brillamment.

Le texte résiste au temps. On s'en est aperçu d'autant mieux en revoyant cette aventure mise en scène par Anne-Marie Jan Touraille. Le public l'a reçue de plein fouet, amusé, diverti, puis abasourdi, comme il faut l'être. Michel Tournier ne choisit pas, c'est sa force. / DDC

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