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Hôpital plongé dans le noir

Pendant près d'une heure, samedi soir, patients et personnel soignant du site de Pourtalès ont dû se passer complètement d'électricité. La porte-parole de l'établissement assure que personne n'a été mis en danger On peut travailler dans un hôpital mis en service depuis seulement douze mois et devoir poser des points de suture à la lueur d'une lampe de poche. C'est ce qui est arrivé samedi soir au service des urgences de l'hôpital Pourtalès, à Neuchâtel. Motif de cette réduction d'éclairage: une panne d'alimentation électrique qui a plongé tout l'établissement dans le noir. Avec deux particularités: le courant fourni par les Services industriels (SI) continuait d'arriver aux bornes du bâtiment; les systèmes de secours n'ont pas fonctionné (lire encadré ci-dessous).

06 nov. 2006, 12:00

A partir de 22 heures et pendant pratiquement une heure, le bâtiment et ses occupants ont vécu sans électricité. Même le réseau téléphonique fixe était hors service. Alarmé à 22h49 par téléphone portable (pourquoi si tard? Personne, hier, ne pouvait le dire), le Service d'incendie et de secours (SIS) est intervenu avec cinq hommes qui ont installé trois groupes électrogènes pour alimenter les points prioritaires, notamment les soins intensifs et les laboratoires. Des techniciens des SI se sont également rendus sur place, mais pour simplement constater que leur réseau était en mesure d'alimenter l'hôpital.

Parallèlement, le groupe de piquet de l'hôpital s'est employé à rétablir une alimentation normale. Il y est - presque - parvenu vers une heure du matin, et il a fallu encore une heure pour réinitialiser tous les systèmes et appareils supportant mal les coupures de courant. L'hôpital est donc redevenu complètement opérationnel vers deux heures du matin.

Selon la porte-parole de l'hôpital Muriel Desaulles, cette panne «absolument particulière» n'a entraîné «aucun problème vital» chez les 149 personnes hospitalisées cette nuit-là à Pourtalès.

Ils se passent du réseau

«Il faut dire, précise la porte-parole, qu'il n'y avait aucun patient au bloc opératoire et aucun patient sous assistance respiratoire aux soins intensifs, et personne en salle d'accouchement.» Pour sa part, le responsable des services techniques de l'hôpital Stéphane Reichen rappelle qu'un certain nombre d'appareils utiles à l'administration des soins, en particulier les pompes à perfusion, peuvent fonctionner sans le courant du réseau. «C'est pourquoi vous pouvez croiser dans un couloir un patient qui se promène avec sa pompe.»

Personne n'a donc dû être transféré ailleurs. En revanche, les urgences censées arriver à Pourtalès ont été détournées sur La Chaux-de-Fonds.

Et la panne a créé un remue-ménage certain dans l'hôpital. Le personnel soignant qui allait rentrer chez lui à 22 heures est resté sur place. Il est notamment passé auprès de tous les patients pour leur expliquer pourquoi la lumière, le téléviseur et leur sonnette ne fonctionnaient plus et pourquoi les pompes à perfusion s'étaient mises sous alarme. «Certains l'ont pris sereinement, d'autres étaient plus inquiets», raconte Muriel Desaulles.

Hier matin, l'infirmière cheffe est encore repassée auprès des patients qui avaient besoin d'être rassurés. Et qui l'ont apparemment été. «Il faut relever, ajoute la porte-parole, qu'il y a eu une grande solidarité entre les équipes, en particulier pour apporter du renfort sur les points névralgiques.»

Et maintenant? «Nous allons tenter de tout mettre à plat ce lundi», annonce Muriel Desaulles. Il s'agira évidemment d'analyser les causes de l'incident et de voir comment s'en prémunir à l'avenir. Quelques bilans restent par ailleurs à établir. Notamment voir dans quelle mesure de la nourriture, des médicaments ou des préparations médicales stockés au froid sont bons à jeter. / JMP

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