Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Haïssons-nous gaiement les uns les autres

Une fratrie improbable patauge en plein marasme familial. Féroce et déjanté, le nouveau film d'Eric Toledano et Olivier Nakache ne s'étourdit pas de tendresse hypocrite. En résulte une méchanceté jouissive peu commune pour une comédie française!

05 août 2009, 08:02

Aleur troisième comédie, le tandem Toledano-Nakache a fini par faire mouche… Leurs deux premiers essais n'avaient pourtant guère convaincu, surtout «Nos jours heureux» (2006) qui alignait sans coup férir tous les poncifs liés aux colonies de vacances, au point d'apparaître comme un clip vidéo paresseux de la fameuse chanson de Pierre Perret! En fin de film, le duo enfonçait le clou en louant les vertus citoyennes de cette institution, une invention datant de 1876, due à un pasteur suisse nommé Hermann Walter Bion. Avec «Tellement proches», les deux réalisateurs évitent ce travers unanimiste en multipliant les traits vachards. En découle un jeu de massacre parfois très jouissif, malgré une mise en scène approximative qui semble être hélas leur marque de fabrique…

Tous les samedis soir, Alain (Vincent Elbaz) et Nathalie (Isabelle Carré) sont invités chez Jean-Pierre (François Xavier-Demaison), le frère de cette dernière. La plupart du temps, Roxane (Joséphine de Meaux), la petite sœur de Jean-Pierre et de Nathalie, est aussi de la partie. Ce soir-là, pour tromper l'ennui qui suinte de ces dîners obligés, Alain a pris son fils avec lui. Mal éduqué par son père immature, le petit garçon a le don d'horripiler à la vitesse de la lumière ses oncles et tantes. De son côté, Roxane a également tenté de faire diversion en entraînant dans cette gonfle hypocrite son ami médecin, Bruno (Omar Sy), un Sénégalais, que tout le monde s'évertue à considérer comme un aide-soignant. De façon assez attendue, l'agape vespérale tourne à l'aigre, jusqu'à s'agresser à coups de poêle à frire…

Après ce morceau de bravoure un brin convenu, mais qui a le don de troubler durablement chaque protagoniste, la comédie s'emballe, s'attachant aux pas foutraques des uns et des autres s'en revenant chez soi. Avec une belle ardeur, Toledano et Nakache croquent alors ces vies étriquées, empreintes d'une nostalgie stérile, leur laissant toutefois au final un tendre bénéfice du doute. L'on en regrette d'autant plus que la réalisation reste en permanence à un niveau indigne d'un téléfilm! /VAD

Réalisateurs: Eric Toledano et Olivier Nakache
Genre: comédie
Durée: 1h42
Age: 7 ans, suggéré 12
Avec: Vincent Elbaz, Isabelle Carré, François-Xavier Demaison
Cinémas: Scala 3, La Chaux-de-Fonds

Votre publicité ici avec IMPACT_medias