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Grandeur et décadence de madame Aldjéria

Présenté par Passion cinéma, «Délice Paloma» est une comédie qui croque avec le sourire les illusions du petit peuple algérois. Avec, dans le rôle principal, la formidable Biynoua, chanteuse au tempérament de feu et actrice rebelle. Peu de films nous parviennent d'Algérie, un pays où le cinéma semble désormais devenu «persona non grata». Etabli en France, Nadir Moknèche retourne régulièrement à Alger pour tourner des comédies qui célèbrent la vitalité de ses compatriotes et constituent autant de pieds de nez adressés aux barbouzes et aux barbus. Dès son premier long métrage, le pétillant «Harem de madame Osmane» (2000), qui confrontait un propriétaire excentrique à ses locataires fort démunis, Moknèche a révélé un talent de conteur hors pair. Confirmant avec «Viva Laldjérie», une histoire truculente de réconciliation entre une jeune fille volage et sa mère plutôt prude, le réalisateur franchit un palier supplémentaire en signant ce foisonnant «Délice Paloma».

14 mai 2008, 12:00

Autoproclamée «bienfaitrice nationale», Mme Aldjéria mène à coups d'éventail une petite agence spécialisée dans l'extorsion de fonds et la vente tarifée de beautés fatales. A la tête d'un clan haut en couleur, formé d'une s?ur sourde et muette, d'un fils aimé plus que de raison, d'un avocat véreux et d'une assistance très complice, nommée à juste titre Shéhérazade, cette entrepreneuse un brin trop entreprenante veut se payer une nouvelle conduite. Désireuse d'acquérir à moindre frais les anciens thermes de Caracalla situés à la périphérie d'Alger, pour en faire un luxueux centre de relaxation, notre battante forme une nouvelle recrue, la splendide et innocente Paloma, qu'elle veut métamorphoser en «escort girl» de la plus redoutable espèce?

A chacun de ses personnages, Moknèche attribue un rêve qui se réalisera ou non selon le cours que prendront les événements. Faisant preuve d'un sens du romanesque consommé, parodiant les sitcoms «orientales» chéries par les Algériens, le cinéaste restitue avec une profondeur insoupçonnée les aspirations souvent déçues de ses compatriotes, lesquels s'accommodent comme ils peuvent de la vulgarité du présent? Une véritable révélation littéralement portée par la star de la chanson algéroise, Biynoua qui excelle dans le rôle de la pétulante Mme Aldjéria, trahie au final par son désir irréfrénable de respectabilité. / VAD

Neuchâtel, Apollo; La Chaux-de-Fonds, Scala; 2h14
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