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En ouverture, Christoph Schaub présente la grande comédie de l'âge

Plutôt que de fêter son 50e anniversaire, Gulia a envie de disparaître! Au grand dam ses amis qui l'attendent au restaurant pour célébrer l'«heureux» événement… Prix du public à Locarno, la nouvelle comédie du cinéaste suisse Christoph Schaub, avec Bruno Ganz, fait ce soir l'ouverture de la 17e Fête du cinéma à Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, en présence de son réalisateur.

16 oct. 2009, 08:20

Christoph Schaub, à l'origine, l'écrivain et scénariste Martin Suter avait écrit le script de «Gulias Verschwinden» pour le regretté Daniel Schmid…

C'est vrai, au départ, il s'agissait d'un projet devant être réalisé par Daniel Schmid. Le scénario avait été écrit pour lui par Martin Suter, à partir d'une conversation qu'ils avaient eue. Daniel est décédé en août 2006, soit quelques mois après avoir commencé à travailler sur le scénario. Martin m'a offert le scénario après le tournage de «Happy New Year». J'ai gardé à peu près le même scénario, à part la fin au restaurant que je voulais vraiment changer!

Après «Happy New Year», vous tournez une nouvelle comédie chorale… Qu'est-ce qui vous attire dans ce genre de film «à plusieurs voix»?

Je trouve que ces films ont une structure intéressante, ils ne montrent pas trois acteurs et un happy end. Pour le dire simplement: c'est comme la vie, on a beaucoup d'histoires, d'émotions et de relations en même temps. C'est complexe, c'est l'essence même de la vie… Sur le plan du scénario, de la mise en scène, de la direction d'acteurs, ça représente aussi un challenge passionnant pour un cinéaste!

Peu courant dans le cinéma suisse, le film choral, avec beaucoup d'acteurs, requiert-il un type de mise scène particulier ?

J'ai travaillé avec deux caméras, car il y a des scènes qui durent huit à neuf minutes avec six personnages. C'est possible de le faire à une caméra, mais c'est très difficile. Il y a un gros risque d'échec, car il faut absolument garder l'énergie des acteurs, soutenir leur envie de jouer, conserver aussi l'énergie de ceux qui ne sont pas dans le cadre. Il est aussi indispensable de «couvrir» les relations entre les acteurs qui ne parlent pas dans la scène, d'avoir leurs regards, leurs sourires… C'est pourquoi on a décidé de tourner avec deux caméras et en plans-séquences. Ça donne après coup un gros travail au montage, mais le matériau de base est aussi beaucoup plus riche.

La peur de vieillir est l'un des thèmes centraux de votre film. Vous préférez en rire?

Oui, le vieillissement est l'un des sujets du film, mais c'est aussi une réflexion plus générale sur l'âge, avec de drôles de constats: les jeunes aimeraient être plus âgés et les gens du troisième âge ont des comportements de midinettes. C'est un jeu qui est dû en partie à tous les clichés charriés par la société et les médias, mais seulement en partie. J'insiste là-dessus: «La disparition de Giulia» n'est pas un film sur les quinquagénaires, c'est un film sur l'âge, le temps, c'est à mon avis beaucoup plus profond qu'un simple anniversaire, A Locarno, le Prix du public, celui de la Piazza Grande, m'a conforté dans ce sentiment! /VAD

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