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Deux destinations inconnues

12 févr. 2010, 11:44

De l'art brut, une musique bourrée d'émotions. Pourtant, dans l'ambiance familiale du théâtre du Pommier à Neuchâtel planait une odeur de viande grillée mercredi soir. Avant le premier concert, musiciens et organisateurs de ce dixième Otherjazz festival avaient partagé une charbonnade. A peine le temps de digérer que le Schweizer Holz Trio proposait un premier voyage en terres sonores inconnues. Hans Koch, (sax soprano et clarinette basse), Omri Ziegele (sax alto et voix) et Urs Leimgruber (sax ténor et soprano) nous perdent dans une étrange forêt.

Les trois souffleurs inventent des pépiements d'oiseaux, des battements d'ailes d'insectes qui progressivement deviennent des envols de ptérodactyles. Dans cet univers naturaliste, paisible, les trois musiciens vont amener le chaos de la ville, avant d'exploser dans un déluge de sons aigus.

Les mouvements d'Omri Ziegele, ses pas, donnent le rythme. Il se couche, chante dans le pavillon de son instrument, clame des phrases qui pourraient être tirées d'un drame shakespearien. On croit entendre le grésillement d'un 78 tours ou le jet d'un hypromat... Des instruments sans bec ou sans corps naissent des sons mécaniques. On entend aussi de la souffrance, de la fureur, de la colère. Les trois se répondent sans se regarder, semblent suivre leur propre piste et, soudain, ils se retrouvent. Dans la salle aux trois-quarts pleine, chacun s'est construit une histoire dans le sillage du Schweizer Holz Trio.

Lucien Dubuis, le programmateur du festival, l'avait dit: il aime les sons de groupe. Ce fut le cas du Schweizer Holz et des trois jeunes Lucernois du Schnellertollermeier. Une formation rock (guitare, basse, batterie) qui aligne des breaks radicaux. Les trois jeunes Lucernois assurent une rythmique soutenue, o`u tout tourne autour du batteur David Meier. Mais lorsque lorsque l'archet caresse la cymbale, que guitare et basse (celle d'Andi Schnellmann) se font hypnotiques, on part dans un univers «pink floydien». Un musicien, dans le public, compare le jeu du guitariste Manuel Troller à celui de John Arbercombie.

L'humour se lit dans les titres de leurs morceaux: «Die Frage ist, ob man die Uebung mehr Ying oder Yang»? Ou plus prosaïquement un «Freitagnachmittag in der Pferdefleischerei», traduit sur sc¨ène, par «le vendredi après-midi, on bouffe du cheval»! On revient d'un deuxième voyage, moins intérieur, mais riche en images.

Suite du festival: La Chaux-de-Fonds, cave du P'tit Paris, ce soir et demain à 20h30. Programme sur www.otherjazz.ch

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