Des micros qui font le trottoir

Lundi 20 avril 2009, dès 20h10 sur TSR 2: débat sur les élections cantonales neuchâteloises, avec les six candidat(e)s au Conseil d'Etat. Introduction des responsables éditoriaux à la partie sur les transports publics, le RUN en particulier, la formation et la santé.
25 avr. 2009, 09:41

Ce petit ensemble de représentant(e)s du public est composé de trois sous-ensembles sollicités au Locle, à La Chaux-de-Fonds et à Neuchâtel. Le sujet de Neuchâtel concerne le RUN! Sont-ce là les réponses des seules personnes rencontrées? Est-ce le résultat d'un choix au montage? Autrement dit, est-ce là le reflet de ce que la télévision estime nécessaire pour lancer le débat: Madame et Messieurs les invités, les gens ne savent rien de votre RUN!

 

Il faut dire que cette méconnaissance aura été prolongée par un candidat affirmant qu'on ne sait pas d'où partira ce RUN, certes de Neuchâtel, mais dans quel coin et où il arrivera, certes à La Chaux-de-Fonds, mais où? Il s'est fait reprendre vertement par un autre candidat. Mais écrire «partir de Neuchâtel» et non pas de La Chaux-de-Fonds est-ce creuser un peu plus le fossé entre Bas et Haut? Les deux autres sujets étaient du même tabac.

 

Ces peu supportables micros tendus sur un quai de gare ou ailleurs sur des sujets qui reflètent la volonté éditoriale sont donc confiés à des monteurs qui effectuent des choix orientés comme cela se fait entre prises différentes en fiction. Il est au moins un autre micro-trottoir tout autant détestable, qui nous vient de la radio appelée au secours de «Tard pour bar». Une très petite équipe interroge, en principe dans le bassin lémanique, des gens sur le sujet du principal débat du soir. Au montage, il ne reste que des remarques bêtes, ignorantes ou parfois, mais rarement drôles. Ce petit jeu de réponses à côté de la plaque sert de faire-valoir au narcissique questionneur présent dans l'image.

Les responsables des programmes de la télévision (et certainement aussi de la radio) pensent-ils, avec de tels sujets de montage orientés dans le sens des vœux de l'équipe responsable de l'émission qu'ils tiennent là un bon moyen d'interactivité pour faire semblant d'ouvrir un dialogue entre «le» public et... oui, diable, mais qui d'autre?

Autre exemple d'une interactivité biaisée: les SMS d'Infrarouge. Son développement se trouve sur http://blog.lexpress.ch/retines