Des lycéens placent le Transrun au c?ur des débats au Palais fédéral

En visite au Palais fédéral jeudi, deux classes du lycée de La Chaux-de-Fonds ont rencontré Pierre-Alain Rumley. Avec lui, ils ont parlé agglomérations, en abordant principalement la question du Transrun. «Le regroupement des trois villes du canton est sûrement la seule chance d'être concurrentiel avec les autres agglomérations.» Le directeur de l'Office du développement territorial helvétique, Pierre-Alain Rumley, a retenu toute l'attention de deux classes chaux-de-fonnières du lycée Blaise-Cendrars jeudi au Palais fédéral.

24 mars 2008, 12:00

Les 35 élèves de 2e année, qui ont tous la géographie comme option complémentaire, n'ont pas été avares de questions lors de leur balade bernoise. Leurs professeurs, Jean-Philippe Rawyler et Clément Jeanguenat, ne voulaient pas d'un exposé du Neuchâtelois Pierre-Alain Rumley. La participation des élèves a donc été active. Et le Réseau urbain neuchâtelois (RUN) a évidemment été au centre des débats. Surtout le Transrun.

«Le projet neuchâtelois a-t-il des chances d'obtenir un soutien de la Confédération?», a demandé Mélissa d'Amore. «C'est possible...» Ce sont les termes employés par Pierre-Alain Rumley. En tant que défenseur du projet, il le souhaite vivement. Il reste toutefois conscient que ce n'est pas la seule demande à l'échelle suisse. «J'en ai 30 dans mon bureau», explique-t-il. «Le RUN est donc en concurrence avec 29 autres projets!» Coordonner le développement des transports et celui de l'urbanisation hante de nombreux esprits au travers du pays...

On ne dénombre que très peu d'agglomérations n'ayant pas formulé une demande auprès du chef de l'Office du développement territorial. La somme nécessaire à la réalisation de tous ces projets se chiffre à environ 8,5 milliards de francs! Bien trop pour l'argent prévu à cet effet. Soit 6 milliards, disponibles pour cofinancer ce type de requêtes. Mais... Il y a 2,5 milliards qui vont d'ores et déjà partir dans des projets urgents et un milliard gardé en réserve. Par conséquent, il ne reste plus que 2,5 milliards.

«Quels sont les critères de financement?», se sont interrogés les élèves chaux-de-fonniers. «On distribue un peu à toutes les demandes ou on privilégie les grandes agglomérations?» «Cette somme n'est pas attribuée selon le système de l'arrosoir. Il faut plutôt privilégier les bons projets, qui permettent de résoudre des problèmes de transport. Il s'agit de voir le rapport entre le coût et l'utilité», a répondu Pierre-Alain Rumley.

Alors, le Transrun séduit-il au Palais fédéral? Bien que le cas de Chambrelien soit récurrent, comme l'a rappelé le chef d'office neuchâtelois, on entend pas mal de réticences au sein de l'administration fédérale. «Certains disent: ils sont bien gentils dans le canton de Neuchâtel, mais ils veulent se payer une Rolls-Royce, c'est un peu surdimensionné.»

Ce sera aux parlementaires de trancher. En tout cas, pour Pierre-Alain Rumley, la donne est claire: «A un moment donné, il faut avoir un peu de c ourage! Je trouve que ça vaut la peine d'avoir un projet visionnaire, avec un bon intérêt du point de vue cantonal. Il n'y a pas beaucoup d'autres projets aussi créatifs.» /SBI