De chaleureuses retrouvailles pour Sound of America

02 août 2015, 18:45

Sound of America. Le nom claque au vent comme une oriflamme et draine les foules, de Tramelan jusqu'aux Ponts-de-Martel, vers la Salle de musique de La Chaux-de-Fonds, pleine, lundi soir, une demi-heure avant le début du concert! A la tête de ce groupe mythique, Clyde M. Barr, clarinettiste de renom international et chef d'orchestre, a dirigé lundi son 32e concert chaux-de-fonnier.

En chœurs ou orchestres d'harmonies, des milliers d'étudiants américains sont passés par La Chaux-de-Fonds depuis 1972 sous le label «Estiville», initié par Fernand Berger et Jean Huguenin, directeurs, à l'époque, de l'Office du tourisme et de Musica-Théâtre. Clyde M. Barr a connu ces personnalités, il dit sa gratitude à Claudine Ullmo qui a repris le flambeau.

Sound of America est composé cette année de 200 étudiants en provenance de 38 états. Ils se sont retrouvés en Pennsylvanie, ont monté un programme pour chœur, orchestre d'harmonie et de comédie musicale avec chorégraphie (42nd Street). Ils ont atterri le 8 juillet en Allemagne, sont passés par Venise, Stresa, Grindelwald. Mais quel que soit leur itinéraire européen, Sound of America passe toujours par La Chaux-de-Fonds. Il y a là mieux que le théâtre d'Epidaure! Un lieu à l'acoustique idéale, un public attentif, «et nous sommes si bien reçus...», disent chef et animateurs. Là, les étudiants font les enregistrements et photos qu'ils vendront au profit de leur voyage. Et chacun y trouve son compte: le concert est gratuit, les hôtels de la région se remplissent et le nom de La Chaux-de-Fonds figure sur les CD, une information à laquelle il conviendra d'ajouter désormais «inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco».

Clyde M. Barr se dit d'ailleurs «réjoui» de cette classification à l'Unesco. «J'en félicite les autorités. Malheureusement, nous avons très peu de temps pour visiter la ville. Nous sommes au milieu de la tournée, nous partons demain pour Paris, le Luxembourg, etc. Chaque lieu a ses propres caractéristiques, mais il est vrai qu'à La Chaux-de-Fonds nous nous sentons «at home», chez nous.»

Le programme de Sound of America était captivant. Commencer un concert choral, en tournée, par «Ubi Caritas» de Maurice Duruflé, à un tel haut niveau d'exécution, n'est pas à la portée de tous les chœurs! De plus, l'orchestre d'harmonie a réservé ses plus grandes partitions aux auditeurs chaux-de-fonniers, Wagner, von Suppé... Quant à la comédie musicale, les étudiants-interprètes l'ont dans le sang!

Profondément ému par l'accueil du public, Clyde M. Barr nous a assuré que ce sentiment l'accompagnerait en voyage.

De chaleureuses retrouvailles pour Sound of America