Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Daniel Duqué, un moine valaisan du septième art

Après trois courts, le cinéaste valaisan Daniel Duqué passe au long métrage avec le poétique «A travers les branches d'un arbre».

09 juin 2010, 11:03

«J'ose être moi-même.» La formule pourrait résumer Daniel Duqué, sa vie d'homme aussi bien que son parcours professionnel. Il a appris à résister, dit-il. Ou, plus exactement, il fait «tout naturellement» acte de résistance. Contre la consommation à outrance et le gaspillage, «gaspillage de temps humain, d'idées, de rêves qu'on a étant jeune». Résistance aussi à une certaine forme de cinéma. Au tout-venant qui nivelle, il oppose crânement ce qu'on appelait autrefois le cinéma «d'art et d'essai», du cinéma «comme un «plus» à l'existence».

Après trois courts dont «Derniers pétales d'une marguerite», présenté en 1998 à Locarno, le Valaisan d'adoption tente l'aventure du long. Le format s'est imposé de lui-même. «J'ai besoin de place, je sens que je suis prêt. Avec mon dernier court métrage, j'ai osé utiliser mon langage, ne pas faire comme on me dit de faire.»

Le désir de cinéma remonte à ses années d'études en sciences humaines. Les kilomètres de pellicule avalés à la Cinémathèque suisse forment l'œil du futur réalisateur: «On n'en ressort pas indemne». Daniel Duqué choisit de faire du cinéma «comme on entre en religion». Porté moins par la volonté de devenir cinéaste que par celle d'exprimer quelque chose. «Dès mes premiers Super 8, je me suis débrouillé pour aboutir à un résultat fini qui puisse être montré et résonner dans les autres.»

L'homme est partageur. Son ressenti, son questionnement, sa révolte parfois, voilà ce qu'il cherche à transmettre à travers ses ouvrages qui sont autant de «voyages dans la profondeur». Il se sent être un passeur. «Comme si on n'était que des filtres à travers lesquels les énergies de la vie cherchent à s'exprimer.»

Produire ses propres films assure à Daniel une liberté totale de création. «Mais je ne perds jamais de vue mon exigence de communication. Le cinéma, c'est servir, servir le public. Je n'ai pas envie de lui donner n'importe quoi... Je n'ai pas une démarche autiste. J'aime toucher les gens, j'ai besoin de ça.» Il provoque la rencontre s'il le faut, n'hésitant pas à faire du porte-à-porte avec ses DVD.

Les projections scolaires ont renforcé encore sa conviction. Oui, un large public peut apprécier un cinéma différent. «Les gens en ont un peu marre d'avoir toujours les mêmes narrations... Je suis persuadé qu'il y a un besoin d'autre chose, je l'ai vérifié avec les jeunes dans les collèges.» Daniel Duqué se dit confiant. Il croit dur comme fer qu'une place existe pour des métrages de ce type. Les difficultés, voire les sacrifices, ne le rebutent pas. «Je garderai toujours cette ligne.» Sauf qu'il entend à l'avenir travailler davantage en phase avec la région où il habite. «A travers les branches d'un arbre» l'a trop éloigné, géographiquement parlant, de sa famille. C'est le seul regret de ce moine du 7e art. /MGI-Le Nouvelliste

Réalisateur: Daniel Duqué
Genre: drame
Durée: 1h41
Age: 16 ans
Avec: Philippe Le Gall, Laetitia Spigarelli
Cinémas: Apollo, Neuchâtel; Scala, La Chaux-de-Fonds

Votre publicité ici avec IMPACT_medias