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Ça tourne un peu au vinaigre

Contrairement à La Chaux-de-Fonds, la Ville de Neuchâtel n?offre plus de contrôle des cueillettes privées. L?association des experts diplômés en ressent de l?amertume Alternance de soleil et de pluie: le temps est idéal pour les champignons et les amateurs s'en délectent. En revanche, la vérification de ces cueillettes semble poser des problèmes de digestion. La Ville de Neuchâtel a renoncé à offrir cette prestation. Ce retrait reste en travers de la gorge de l'Association suisse des organes officiels de contrôle des champignons (Vapko).

09 sept. 2006, 12:00

«La pérennité des contrôles est en danger. On peut craindre que les communes, qui sont toutes en difficulté financière, se désengagent, réagit Corinne Rosselet Vautravers, caissière neuchâteloise de la Vapko romande. Or ces contrôles permettent d'éliminer passablement de champignons toxiques, voire mortels. Notre association, qui fête ses 50 ans cette année, va se battre pour maintenir ces prestations.»

Selon le règlement cantonal sur la salubrité publique et la police sanitaire, c'est aux communes de se préoccuper de «la prévention des intoxications par les cueillettes privées de champignons.» Concrètement, explique Marc Treboux, chef du Service de la consommation, elles ne sont pas obligées d'organiser des contrôles, mais sont tenues d'orienter la population sur ceux que d'autres communes mettent sur pied... C'est ce que fait désormais le Service d'hygiène de la Ville de Neuchâtel, qui, tout en répondant au téléphone qu'il ne vérifierait pas notre cueillette, nous a aiguillés vers un contrôleur de Boudry.

«Plus concerné»

Sur le fond, Corinne Rosselet Vautravers reconnaît que la Ville est dans son droit. Mais elle juge cette décision «regrettable». L'autorité du chef-lieu, dans un communiqué, l'a expliquée par le désenchevêtrement des tâches entre l'Etat et les communes. Le Service de la consommation a en effet repris tout le contrôle des denrées alimentaires et a engagé les deux employés qui en étaient chargés en ville. Cela malgré quelques divergences. Les champignoneurs subissent-ils les conséquences d'un nouveau contentieux Ville - Etat mal... digéré?

«Non!, répond le conseiller communal Antoine Grandjean. Nous aurions pu continuer à engager un contrôleur de champignons, mais comme la Ville n'est plus en charge du contrôle des denrées alimentaires, je ne me sens plus concerné par les problèmes de consommation. Et la population bénéficie d'autres points de contrôles sur le Littoral.»

Un argument que ne goûte guère la caissière de la Vapko. Elle affirme que le contrôle des cueillettes privées est régi par la législation sur la santé et pas celle sur les denrées. Qu'en est-il à La Chaux-de-Fonds? Le Service d'hygiène de la Ville organise toujours ces contrôles. «C'est une activité importante du point de vue santé publique et pédagogique», commente le chef ad intérim, Paul-Etienne Montandon. Qui rappelle que le Conseil général a confirmé son existence et sa gratuité lors de l'examen du budget 2006.

Les communes neuchâteloises offrent en tout les services d'une vingtaine de contrôleurs. Mais on peut se demander ce qui arriverait si d'autres abandonnaient. «Nous nous assurons qu'il en reste assez et nous avons souvent fait des démarches pour susciter des vocations ou encourager les communes à engager un contrôleur déjà formé, explique Marc Treboux. Si jamais il n'y en avait plus du tout, nous réfléchirions comment organiser une prestation minimale.» /AXB

Liste des contrôleurs: www.vapko.ch/fr ou www.ne.ch, «vie pratique»

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