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Bach, le temps de la Passion

10 mars 2008, 12:00

Le temple Farel était rempli d'un public ému vendredi soir à La Chaux-de-Fonds. Cela venait confirmer l'intérêt immuable de la population pour les passions de Bach, en l'occurrence la «saint Jean» et pour l'hommage que François Pantillon, par cette exécution, rendait à son père, Georges-Louis Pantillon, éminent musicien, initiateur du concert des Rameaux de l'Eglise réformée.

L'Ensemble vocal de Berne, un grand chœur, a, sous la direction de François Pantillon, un relief et une présence sans défaillance, tout au long de l'exécution. La spiritualité de l'œuvre est évidente, son caractère liturgique aussi. Cela ne veut pas dire qu'il faille la traiter avec rigueur. La conception vivante du chef est bien suivie par l'Ensemble vocal qui excelle dans ses couleurs, est contemplatif, recueilli dans les chorals ou quasiment lyrique dans les mouvements de foule.

On apprécie la discrétion de l'ensemble baroque I Cameristi, on relève l'agilité du violoncelle continuo dans l'exercice périlleux de suivre, ou précéder, les interventions de l'évangéliste, Hans-Jürg Rickenbacher, ténor, une référence dans ce rôle d'une importance capitale. Une passion de Bach qui tient beaucoup grâce à son évangéliste. Dans un style discrètement théâtral, l'interprète conduit magnifiquement sa voix.

L'affiche de solistes a réuni des voix bien appropriées à leurs tâches. Le timbre de baryton-basse de Marc-Olivier Oetterli, représentant le Christ, bannit toute imagerie sulpicienne de ce rôle. René Perler, basse, donne la vie qui convient à Pilate ainsi qu'à quelques autres personnages. Christa Goetze, soprano, évoque l'élément féminin. L'air «Es ist vollbracht», interprété par Norma Lerer, alto, parfaite d'aisance et d'émotion, restera dans le souvenir de cette exécution. /ddc

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