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Apéritifs auditifs aux saveurs de cinéma

20 août 2010, 10:13

Une phrase qui ne démarre pas, hoquette, croche. Comme si elles butaient sur une entaille, la rayure d'un disque. Les voix se répètent puis se débloquent, s'enchaînent, se remplacent, se répètent encore. Puis rien. Basée sur une série d'enregistrements réalisés au cinéma Bio, à Genève, la création du compositeur Pierre Thoma lient des confetti de voix aux sonorités propres aux cabines de projection des salles obscures. Projecteurs, bobines, pellicules qui s'enroulent, se déroulent... Après Genève et Lausanne, Pierre Thoma a choisi le cinéma ABC, à La Chaux-de-Fonds, comme cadre à sa dégustation de notes originale avant les projections.

«Je m'intéresse à notre environnement sonore quotidien», détaille le compositeur. «Les sons que l'on entend mais que l'on n'écoute pas, mais aussi les sons qui existent et que l'on ne perçoit pas.» A l'instar de ceux, extrêmement brefs, qu'il s'est ingénié à couper, copier, remonter et mixer avant de les assembler dans un discours asémantique. Malgré cela, l'oreille pique encore ci et là quelques notes aux sonorités françaises, japonaises, espagnoles ou italiennes renvoyant aux cinq employés du cinéma Bio dont le le compositeur à saisi les voix. Un assemblage d'apéritifs auditifs qui se déguste par petites touches, 53 séquences composant la «version intégrale» d'une heure environ. Une composition qui s'écoute ou non selon l'envie, qui vit malgré les bruits, les discussions, créée pour le cinéma et son atmosphère mais sans lien direct avec les films projetés afin de conserver l'universalité souhaitée par l'auteur.

La Chaux-de-Fonds, ABC, «Pour un cinéma», jusqu'au 30 septembre; Pierre Thoma sera à l'ABC le 7 septembre pour une conférence intitulée «Composer avec des fourmis», un retour sur une installation sonore où les insectes prenaient la parole

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