A l'amende pour des explosifs

27 oct. 2010, 04:15

Agé de 18 ans, un jeune homme comparaissait hier devant le Tribunal de police de Boudry pour une infraction à la loi sur les explosifs. Déjà sous le coup d'une condamnation, il aurait pu finir en prison. Finalement, ce seront 600 francs d'amende.

«C'était débile, je l'admets. Je voulais juste voir ce que ça faisait», répond, penaud, l'accusé au président Bastien Sandoz. Ce dernier l'avait interrogé quant à son but lors de l'achat puis du bricolage des pétards.

En effet, au cours de l'été dernier, Marco* a acheté des pétards de forte puissance. Après les avoir modifiés dans l'espoir d'en augmenter la puissance, le jeune adulte a voulu les tester. Il s'est alors rendu sur une place de jeu où il a mis feu à son dispositif aux environs de 16 heures. Alerté par la détonation, des représentants de l'ordre interpellent Marco et fouillent son domicile. C'est là que les agents de police trouvent un deuxième pétard aux caractéristiques autrement plus dangereuses que celui de la place de jeu: désireux d'accroître la puissance de destruction, l'adolescent y a ajouté des petites billes de plomb.

Ce sont les auditions des amis qui inquiètent véritablement les enquêteurs: Marco leur aurait confié qu'il allait faire exploser le second pétard au milieu de la scène du festival Summer Life, à Auvernier.

Pour ces motifs, le Ministère public neuchâtelois avait demandé que le délit soit qualifié en usage d'explosif. Le Ministère public de la Confédération a refusé, jugeant que l'on ne peut déterminer l'usage qui serait fait de l'explosif artisanal. Par cette décision, la Confédération a évité à Marco une peine de prison ferme certaine.

De plus, comme l'a rappelé le juge, bien que tout juste majeur, Marco est déjà passé devant les autorités judiciaires. Il avait déjà été condamné à sept mois de prison avec sursis pour des faits de brigandage par le Tribunal de La Chaux-de-Fonds.

Soucieux de faire comprendre au miraculé ce à quoi il venait d'échapper, le juge a consacré de longues minutes à avertir le jeune homme: lors de son prochain passage devant un tribunal, quelle que soit la faute, il sera écroué. /gve

*Prénom fictif