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Des lits contre des arbres

L?extension d?un gîte arboricole à succès est bloquée par un veto de l?Etat. Ce lieu touristique du Locle était l?un des endroits ayant accueilli hier une journée de dialogue sur les conflits d?intérêts Un couple de touristes bâlois, ravi de son séjour en lisière de forêt, quitte le Communal du Locle. Un endroit où l'extension d'un gîte original est bloquée par l'Etat. Un endroit où les départements neuchâtelois de la Gestion du territoire et de l'Economie ont invité 60 personnes, hier, pour débattre des intérêts parfois contradictoires entre tourisme et protection de la nature.

08 nov. 2006, 12:00

Menuisier au Communal du Locle, Jean-Claude Vuilleumier aurait voulu construire en forêt, à 30 mètres de sa ferme-atelier, trois gîtes ruraux accrochés dans les arbres. C'est que la cabane semblable qu'il exploite depuis 2002 à côté de sa maison, couronnée par le Prix suisse du tourisme 2003 dans la catégorie «petit et inventif», a du succès.

Ce «Chouett'Nid» affiche pratiquement complet jusqu'à fin 2007! Propriétaire de la forêt, la Ville du Locle, a donné un préavis favorable aux trois nouveaux gîtes. Mais le Département cantonal de la gestion du territoire a mis son veto. Jean-Claude Vuilleumier trouve ce refus «dommage» pour toutes les personnes qui aimeraient séjourner dans une cabane arboricole et auxquelles il doit dire qu'il n'a plus de place.

«C'est un sérieux problème politique», évalue le directeur de Tourisme neuchâtelois, satisfait de cette visite sur le terrain. Yann Engel trouve paradoxal que le canton veuille développer le tourisme vert - qui n'y représente que 2% des retombées touristiques contre 6,5% en moyenne suisse - et bloque les projets raisonnables de prestataires fiables.

Conseiller d'Etat en charge de l'Economie, Bernard Soguel, est très intéressé par cet exemple loclois «d'inventivité, qui répond à l'engouement des citadins pour la nature». Mais il ne peut pas encourager les gens à enfreindre les règles. Or son collègue Fernand Cuche, responsable de la gestion forestière et territoriale, même s'il trouve le projet loclois «très attractif», rappelle que la loi interdit la construction de tout habitat en forêt.

Dérogation en questions

Bernard Soguel se demande s'il n'y pas moyen de faire évoluer la législation ou d'accorder des dérogations. Fernand Cuche estime qu'il faut «bien mesurer les conséquences» d'une éventuelle dérogation, notamment le risque de créer un précédent. Autoriser un tel gîte en forêt exigerait «en tout cas de solides arguments, pour éviter des dérapages futurs».

Même si elle trouve le concept loclois «assez chouette», Martine Felber, du WWF, plaide pour «une vision globale». L'Etat a déjà beaucoup accordé de dérogations ces dernières années, ajoute la présidente de Pro Natura-Neuchâtel. «Où s'arrêtera-t-on?», demande Claude Meylan, qui trouve le principe de gîtes forestiers à tout le moins discutable. La journée d'hier a eu le mérite de permettre la discussion. /AXB

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