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Enthousiasme à L'Heure bleue

29 févr. 2008, 12:00

On assiste, depuis quelque temps, à la montée d'une jeune génération de chefs d'orchestre, capables du meilleur. Andrey Boreyko à la tête de l'Orchestre symphonique de Berne, mercredi à L'Heure bleue, a conduit l'auditoire dans un crescendo d'enthousiasme.

«L'Invitation à la valse» de Weber, menée par un violoncelliste inspiré, a installé d'emblée un climat de sereine complicité entre le public et l'orchestre. Puis le jeune pianiste Rafal Blechacz s'est engagé dans le concerto No 2 de Chopin. Il est ici chez lui, il respire à son aise dans cette musique qu'il n'hésite pas à jouer «jeune». Il impose sa conception, ses phrases s'envolent chaleureuses, passionnées, à la conquête d'une plénitude de l'expression. Le pianiste est d'autant plus confiant qu'il se sent soutenu par Andrey Boreyko qui excelle à mettre en valeur la richesse d'invention du jeune interprète. On relèvera la coexistence admirable du soliste et de l'orchestre, dans le larghetto, plus particulièrement encore.

Ce qui captive, dans l'exécution de «Roméo et Juliette», c'est l'acuité avec laquelle Andrey Boreyko fait ressortir la «modernité» de la partition de Berlioz. Cette musique, qui est action sonore, toute en couleurs instrumentales, devient visuelle. Le chef fait avancer l'orchestre comme le peintre le paysage. Sous son impulsion, l'Orchestre symphonique de Berne - Konzertmeister Alexandru Gavrilovici - aiguise ses réflexes, poétise ses timbres. Dès la «Scène d'amour» introductive, on est happé par la bouillonnante chronique. On suit les rapports d'intensité expressive, du scherzo, de la solitude de Roméo, un Montaigu, jusqu'à l'ébranlement tellurique de la «Grande Fête chez les Capulets». Une fête qui a conduit à un extrait de «L'Arlésienne» de Bizet, offert en bis. /ddc

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