Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Elle parle à l'oreille des chevaux

02 mai 2011, 07:07

Tout le monde se souvient du film «L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux», avec l'acteur Robert Redford. Grâce à Virginie Bonnet, cavalière émérite et éthologue de profession, il n'est pas nécessaire de se rendre aux Etats-Unis pour bénéficier d'une telle prestation.

Au manège de La Corbatière, elle se livre quotidiennement et avec passion au débourrage des chevaux que particuliers et éleveurs lui confient, selon une méthode douce, naturelle et particulièrement convaincante apprise dans le Montana durant une année.

Samedi après-midi, il régnait à La Corbatière une agitation peu habituelle, et pour cause! Virginie Bonnet et Jean-Marie Clair, éthologue français, avaient décidé de présenter leur métier en procédant au débourrage de deux jeunes chevaux de trois ans, garantis novices en matière de monte.

Entre magie, fascination et saisissement, le public a donc eu l'occasion d'assister à une sorte de cérémonial entre l'homme et l'animal, un moment privilégié lors duquel le cheval apprend à maîtriser ses peurs pour finalement accepter un cavalier sur son dos.

Approche valorisante

«En fait, on ne chuchote pas vraiment à l'oreille du cheval, c'est une image. On apprend plutôt à l'écouter en observant les réactions que lui dicte son instinct et en lui donnant les réponses adéquates, sans contraintes. Il est toutefois nécessaire de se montrer ferme, mais juste. Si on entre dans l'émotionnel, c'est fichu», explique Virginie Bonnet. Et elle passe à l'acte avec un enthousiasme et une énergie extraordinaires, en précisant que l'opération demeure délicate.

Car l'approche n'est pas sans risques, mais tellement valorisante pour les protagonistes lorsqu'elle arrive à son terme avec succès. La force de l'expérience n'est évidemment pas étrangère au résultat. Il s'agit d'habituer le cheval à l'humain en utilisant toutes sortes de techniques gestuelles et de matériel, avec un maximum de respect et dans une confiance mutuelle. L'intervenant est avant tout un éducateur et se doit de garder le contrôle s'il veut arriver à ses fins. C'est un travail qui demande de la patience et de la persévérance.

«Lorsque j'ai commencé cette activité il y a trois ans, les gens me prenaient un peu pour une originale, à l'image des personnes qui proposent des médecines parallèles. Cette méthode est cependant un outil supplémentaire pour répondre aux besoins du cheval et du cavalier, avec une dimension humaine en plus», poursuit notre horsewoman. Au début, on ne lui confiait que les «ratés», c'est-à-dire les chevaux qui avaient été mal débourrés. Aujourd'hui, elle en vit; et plutôt bien! Avec le secret espoir de convaincre aussi les propriétaires de manège.

Votre publicité ici avec IMPACT_medias