Des contrastes en noir et blanc à l'or

Roland Porret est tombé dans la photographie il y a bien longtemps. S'adonnant à sa passion sans retenue, l'amateur Loclois a reçu la semaine dernière une rare distinction par ses pairs. «Clac, et c'est bon!» Roland Porret aime «la belle photo». Celle qui est aussi un objet, comme il se plaît à le répéter. «Une image qui parle. Et également une image telle qu'elle est sortie de l'appareil.» Ce photographe amateur ne recadre jamais ses photos. Il vénère les vieilles techniques, utilisant des supports de qualité, comme du papier baryté. «Je vais jusqu'à Paris pour trouver du véritable papier», explique ce passionné. «Cela permet de mieux exprimer les choses.»

26 mars 2008, 12:00

Chaux-de-Fonnier devenu Loclois, Roland Porret saisit des images à tour de bras depuis de nombreuses années. «Mon frère m'a initié à la photographie. A 15 ans, je savais déjà développer un film noir et blanc.» Toujours sans couleur, ses photographies regroupent portraits, natures mortes et surtout des paysages urbains. Il travaille beaucoup sur l'éclairage, les contrastes. «Vous devez faire parler différemment l'image. Le noir et blanc, c'est quelque chose d'irréel.» La photographie numérique? Très peu pour lui! «Mon plaisir est d'être dans un labo, dans une chambre noire. Pas derrière un écran», lance-t-il en haussant les sourcils. Une évidence. «Il y a un côté chez les jeunes qui me surprend beaucoup. Ils sont de grands consommateurs d'images, mais ils ne les gardent pas...»

Aucune retouche numérique chez Roland Porret. «Si vous me traitez de dinosaure, je ne vous en voudrai pas...», souffle-t-il du haut de ses 63 ans. Au contraire, le bonhomme est dans le coup. Et depuis un certain temps, qui plus est. La semaine dernière, il s'est vu récompenser d'une rare distinction lors de l'assemblée de Photo Suisse - association faîtière des amateurs de photos de toute la Suisse -, qui s'est tenue à Fribourg.

Sa médaille d'or bien dissimulée entre divers portfolios, le membre individuel de l'association relève modestement qu'il est le premier à l'obtenir. «Je suis le premier à atteindre ce nombre de points.» Soit 240. Quand on sait qu'un portfolio primé vaut 15 points... Roland Porret affiche une régularité remarquable. Ce total est le cumul d'une dizaine d'années. Combien exactement? «Je n'ai jamais tenu la comptabilité, ce n'est pas ma préoccupation», sourit-il. «L'objectif est de participer et de voir à quoi on en est.»

Roland Porret n'a jamais voulu devenir professionnel. Il souhaite garder le libre choix d'immortaliser ce qui le chante. Mieux connu outre-Sarine, il est régulièrement exposé dans des galeries et publié dans la presse. «Mais pour le plaisir!», souligne-t-il. Désormais retraité, cet ancien enseignant à l'Ecole d'ingénieurs du Locle ne sort presque jamais sans son appareil. «Avant, c'était 90% de technique et 10% de photo.» Désormais, c'est l'inverse. «Je peux enfin utiliser mon stock de négatifs», rigole l'artiste.

La pipe au bec, le photographe continuera de jouer avec les contrastes. Et sa pile de portfolios grandira. Difficile d'obtenir mieux qu'une médaille d'or? «Ça n'a pas d'importance!» /SBI