De quoi faire peur aux femmes

06 avr. 2008, 12:00

Veste en similicuir, l'air un peu égaré, l'homme fort empressé qui comparaissait vendredi devant le tribunal correctionnel du Locle en audience préliminaire n'avait pas l'air d'un mauvais bougre. Et pourtant. Le portait qu'en dessine la justice dans l'arrêt de renvoi à de quoi faire peur, aux femmes en particulier. Mais pour le moment, le gars n'est que prévenu.

Le quadragénaire est d'abord accusé, dans l'ordre crescendo, de menaces, voies de faits, contraintes sexuelles et viol aggravé (avec violences) sur la personne de sa femme. Seul à l'audience, il a expliqué que le couple, qui vit toujours ensemble, avait «des problèmes». Il a admis l'avoir giflée et frappée, injurié en termes disons grossièrement misogynes. Mais il a contesté les menaces de mort, comme de l'avoir physiquement forcée à des relations sexuelles et surtout de lui avoir fait subir une pratique sexuelle particulièrement violente et odieuse que nous ne détaillerons pas. La femme a porté plainte, puis l'a retirée. Mais de tels actes se poursuivent d'office. Il n'y a pas que ça au rayon misogynie.

Toujours selon l'arrêt de renvoi, deux ans plus tard, le prévenu aurait aussi giflé sa mère, au point de la faire tomber. Résultat: hématome et ?il tuméfié. Une seconde paire de claques a encore sanctionné la maman après une discussion sur la plainte qu'elle avait déposée après la première agression. A l'audience préliminaire, le fils n'a pas contesté les claques. Mais si sa mère est tombée la première fois, c'est qu'elle voulait lui rendre la pareille, a-t-il commencé d'expliquer au juge qui n'en demandait pas tant.

Le prévenu n'a pas eu l'air de prendre la mesure de ce qu'on lui reproche ni de ce qu'il risque, soit un maximum de cinq ans de prison comme le lui a rappelé le juge Nicolas de Weck, expliquant ce qu'est un tribunal correctionnel. L'homme était juste venu une heure plus tôt jeter un ?il au dossier, c'est tout. Vu les charges, le juge lui a fortement recommandé de faire appel à un avocat. Et pas plus tard que tout de suite. L'audience est fixée à mi-mai. / ron