Mesures hétéroclites

07 mai 2009, 09:33

Le Conseil fédéral a lancé hier son paquet de mesures urgentes, visant à contrer la forte hausse des primes qui se dessine. Par définition, des mesures urgentes ne sont pas destinées à résoudre des problèmes de fond mais à limiter la casse. La question est donc de savoir si cet objectif sera atteint.

Principale mesure, la taxe de 30 francs par consultation est certes impopulaire (le Parlement hésitera à lui donner suite) mais semble forte. L'est-elle? Avec ses exceptions (malades chroniques, jeunes, femmes enceintes), les calculs montrent qu'elle coûterait à un assuré, dans le pire des cas, 80 francs sur un an.

Une incitation aussi faible peut-elle entraîner l'économie prévue de 400 millions? On prend à témoin l'exemple de la Suède, comme souvent quand on en a besoin. Sauf que la médecine y est plus étatisée qu'en Suisse et que le financement de l'assurance vient de l'impôt (donc selon le revenu). Difficile de comparer.

Il est frappant d'entendre que les coûts 2008-2009 ont été sous-estimés notamment à cause de l'«érosion» des primes encaissées, provenant des changements de caisses et de franchises. La concurrence, vantée si souvent comme synonyme de maîtrise des coûts, est soudain devenue un fâcheux facteur de distorsion.

Si on sort du court terme, on peut placer quelque espoir dans l'initiative populaire que préparent des praticiens conscients de la disparition des médecins de famille et de ses causes: l'absence d'une régulation fondée sur des valeurs, au lieu de critères purement économiques. Les cantons sont à leur côté. Va-t-on enfin les écouter?