Marketing littéraire et fonds de commerce: le conte est bon

07 janv. 2010, 07:55

Il est géant, Jacques Chessex, encore plus grand mort que vivant, ça ne se discute pas. Ce matin du 7 janvier 2010, dans le «Grand 8» de la radio romande, Anne-Sylvie Sprenger confirmera. A huit heures, donc, la «disciple» s'insurgera contre la médiocrité des auteurs romands qui, parfois, ont apporté un bémol au génie du Prix Goncourt 1973. Notre Marguerite Duras mordra férocement ceux qui plaisantaient avec le «pire de Ropraz». Ceux qui n'avaient jamais publié à Paris. Tous jaloux de lui, d'elle.

Alors, on se souvient: en février 2008, «Le Matin dimanche» accordait une page complète à Anne-Sylvie Sprenger pour la sortie de son deuxième roman «Sale fille». L'auteure signait, elle, un long dithyrambe de «Pardon mère» dans le même numéro. Lors de sa première visite à Chessex en 2006, elle ne connaissait rien de son œuvre. Le courant a fort bien passé entre la jeune pigiste et «l'Ogre». Elle mettait ainsi un pied dans sa porte et l'autre dans les rédactions lausannoises. Depuis, elle raconte comment «Jacques» a tenté de l'introduire chez Stock, comment «Jacques» l'attend dans une chambre d'hôtel au retour de chez Fayard. Et puis, dimanche dernier: «A la fin du repas, Jacques me tend une minuscule enveloppe. Je le regarde désarçonnée: ce n'est quand même pas ça, le manuscrit qu'il m'a promis et qui est le réel objet de notre rencontre ce jour-là? Non, il s'agit de son cadeau pour mon mariage.» Ouf, l'enveloppe jaune de chez Grasset suit. Pour se construire un piédestal, autant prendre la truelle soi-même, non?