«Loin des bras»

19 sept. 2009, 12:00

Loin des bras, et des cœurs, oui, ces jeunes gens envoyés en pension dans un snob collège suisse des années 1950, mais aussi leurs professeurs, longtemps sous la baguette d'un couple despotique. Soudain, l'établissement menacé de faillite, ils se trouvent livrés à l'introspection d'un repreneur, investisseur sans âme lui non plus, et qui débusque en chacun les faiblesses, les secrets mal gardés et les peurs encore enfantines… Puisant sans doute dans des souvenirs de jeunesse, Metin Arditi brosse de cette période d'instabilité, qui voit les élèves exercer comme de malhabiles petits animaux l'arrogance impitoyable de la jeunesse tandis que les adultes, usés, se recroquevillent, un tableau étonnant de justesse et d'humanité, dont le rythme syncopé traduit le trouble des corps et le désordre des sentiments. Sont-ce les émotions qui sont cyniques, ou le cynisme qui reste émouvant? Un exercice de style remarquable, ciselé jusqu'à l'ultime retournement, et qui ne passe pas inaperçu en cette rentrée littéraire!

«Loin des bras»
Metin Arditi
Actes Sud
425 pages