Un registre de violons comme on en rêve

13 mai 2009, 09:08

CRITIQUE - PAR DENISE DE CEUNINCK

Il y avait trop peu de monde, lundi au temple du Bas à Neuchâtel, pour applaudir la superbe Württembergische Philharmonie, dirigée par Ola Rudner et découvrir le Concerto pour harpe de Ginastera ainsi que l'art de la soliste Jana Bouskova.

Composé avec science, le programme a rapproché, dans sa première partie, le Hongrois Zoltan Kodaly et l'Argentin Alberto Ginastera, qui, sous leurs latitudes respectives, ont tiré leur inspiration de deux courants parallèles, classique tonal et folklorique.

Immédiatement envoûtantes, les «Danses de Galanta» de Kodaly emmènent vers les plaines de la Puszta tout en révélant les excellents registres de bois et cuivres de l'orchestre.

Le Concerto pour harpe de Ginastera, de facture assez classique oppose deux mouvements contrastés à une cadence brillantissime, tandis que le finale s'éclate dans les rythmes sud-américains. Relevons ici la virtuosité de Jana Bouskova, nullement effrayée par les rafales de croches ou autres glissandi.

Puis Ola Rudner et ses musiciens – un registre de violons comme on en rêve – ont conduit la symphonie No 3 en la mineur, dite «Ecossaise», de Mendelssohn dans le raffinement le plus pur, dans la transparence mozartienne. Quelle subtilité dans l'andante, dans le vivace ou l'allegro, là où Ola Rudner obtient des cordes de splendides envolées. Cette conception solaire de l'Ecossaise, exerce sa séduction. L'œuvre entière est irradiée de lumière, grâce encore à un équilibre irréprochable entre les registres.

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